La croissance portugaise menacée par les mesures d'austérité

mardi 20 août 2013 17h26
 

par Andrei Khalip

LISBONNE (Reuters) - L'économie portugaise a renoué avec la croissance au deuxième trimestre, mais cette reprise reste fragile et pourrait être menacée par les coupes budgétaires drastiques imposées dans le cadre du plan de sauvetage international du pays.

Une équipe d'experts de la troïka - qui rassemble le Fonds monétaire international, la Commission européenne et la Banque centrale européenne - est attendue au Portugal à la fin du mois pour préparer la prochaine évaluation de la situation économique du pays.

De nombreux économistes estiment que le gouvernement profitera de cette occasion pour négocier un nouvel assouplissement des objectifs de déficit budgétaire fixés dans le cadre du plan d'aide.

Le produit intérieur brut (PIB) portugais est ressorti en hausse de 1,1% sur la période avril-juin par rapport aux trois premiers mois de l'année, ce qui a permis aux pays de sortir de deux années et demie de récession.

Toutefois, par rapport au deuxième trimestre 2012, l'économie portugaise s'est contractée de 2,0%. En sur l'ensemble de 2013, le PIB devrait enregistrer un repli de 2,0%.

"Cette croissance prouve qu'ils sont sur le bonne voie, bien que ce ne soit pas un chemin facile", estime Ralph Solveen, analyste chez Commerzbank.

Dans un contexte d'atonie de la demande intérieure, la reprise de l'activité économique est due principalement à une hausse des exportations - de chaussures, d'huile d'olives de carburants et de véhicules - mais rien ne garantit la pérennité de cette bonne tenue du commerce extérieur.

"(Malgré) une évolution positive des exportations et une demande intérieure un peu moins faible, le climat sous-jacent reste détérioré et je pense que la croissance sera moins élevée dans les trimestres à venir", note Giada Giani, économiste chez Citi.   Suite...

 
Le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho. L'économie portugaise a renoué avec la croissance au deuxième trimestre, mais cette reprise reste fragile et pourrait être menacée par les coupes budgétaires drastiques imposées dans le cadre du plan de sauvetage international du pays. /Photo prise le 30 juillet 2013/REUTERS/Rafael Marchante