Pour faire baisser les taux de marché, la BCE va devoir agir

dimanche 18 août 2013 17h33
 

par Sakari Suoninen

FRANCFORT (Reuters) - L'éloquence de Mario Draghi a longtemps permis à la Banque centrale européenne (BCE) d'éviter le recours à des instruments trop risqués mais le maintien de taux élevés sur les marchés monétaires montre qu'il va falloir que la BCE se décide à utiliser d'autres recettes.

Mario Draghi, qui avait séduit les investisseurs en promettant au coeur de l'été 2012 de faire "tout ce qu'il faudra" pour préserver l'euro n'est pas parvenu à faire reculer autant qu'il le voudrait les taux de marché après sa décision de donner des indications sur la trajectoire future des taux.

Cette nouveauté visait à répondre à la forte volatilité observée sur les marchés financiers depuis que Ben Bernanke a évoqué un début de diminution du programme de rachats d'actifs de la Réserve fédérale américaine.

Dans sa dernière conférence de presse en date, Mario Draghi a souligné que les anticipations de hausse des taux étaient injustifiées, prévenant qu'il ne comptait pas relever le loyer de l'argent à moyen terme.

Cet avertissement n'a pas eu l'effet escompté. Les contrats à deux ans sur le taux au jour le jour Eonia affichent une hausse de 25 points de base depuis la mi-mai et ils ne sont que de 5 points de base inférieurs à leur plus haut inscrit fin juin avant le changement de politique de communication de la banque centrale.

Mais les anticipations d'un relèvement des taux de la BCE ne sont pas le seul facteur qui pèse sur les marchés de taux, également influencés par la lente diminution du niveau des liquidités au-delà duquel les banques doivent couvrir leurs opérations au jour le jour.

MESURES MUSCLÉES

Si les mots ne suffisent plus aux marchés, la BCE risque de devoir se résoudre à de nouvelles mesures, plus musclées.   Suite...

 
Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi. Le maintien de taux élevés sur les marchés monétaires montre qu'il va falloir que la BCE se décide à prendre de nouvelles mesures, plus musclées que les mots jusqu'ici rassurants de son président. /Photo prise le 4 avril 2013/REUTERS/Lisi Niesner