General Motors prévoit une sortie progressive de Corée du Sud

lundi 12 août 2013 08h22
 

SEOUL (Reuters) - General Motors a commencé à réduire sa présence en Corée du Sud et ce mouvement devrait se poursuivre en raison d'une hausse des coûts salariaux et d'un activisme syndical trop virulent au goût du constructeur américain, a-t-on appris de sources proches du dossier.

Un tel départ viendrait illustrer les reproches des acteurs du secteur automobile sud-coréen, nationaux et étrangers, qui regrettent la hausse jugée trop rapide du coût de la main d'oeuvre dans la septième puissance exportatrice mondiale.

"Nous devons nous assurer que nous limitons le risque (en Corée du Sud), pas seulement pour les deux à trois années à venir, mais sur la durée, il ne faut pas que nous devenions dépendants d'une seule source de produits", a dit l'une des sources.

"Si quelque chose ne va pas en Corée, qu'il s'agisse du coût, de la politique ou des syndicats, cela a un impact immédiat."

GM a fait de la Corée du Sud l'un de ses principaux noeuds de production après avoir échoué en 2002 à racheter Daewoo Motors. Le pays représente actuellement 20% de sa production annuelle mondiale, de quelque 9,5 millions de véhicules et 80% d'entre eux sont destinés à l'exportation.

Les sources de Reuters, qui ont leurs entrées au sein de la hiérarchie de GM chargée de la stratégie pour la Corée du Sud, expliquent que les coûts salariaux ont considérablement augmenté au cours des dix dernières années, un phénomène exacerbé par la relative solidité du won depuis un an.

Des responsables syndicaux balayent l'accusation et estiment que les discussions autour d'un départ de GM sont une forme de bluff destiné à dissuader les salariés à réclamer de nouvelles hausses de salaires. Le mois dernier, GM Korea a trouvé un accord avec les représentants des salariés prévoyant une hausse des salaires et le versement d'une prime de 10 millions de wons (6735 euros).

"Selon nous, la direction nous menace pour nous mettre sous pression et nous obliger à coopérer", a déclaré un porte-parole du syndicat des salariés de GM en Corée, Choi Jong-hak.

GM semble toutefois avoir réellement commencé à réduire la voilure en Corée du Sud, incitant certains cadres syndicaux à dire à Reuters sous le sceau de l'anonymat qu'ils craignaient une fermeture des usines sud-coréennes.   Suite...

 
General Motors a commencé à réduire sa présence en Corée du Sud et ce mouvement devrait se poursuivre en raison d'une hausse des coûts salariaux et d'un activisme syndical trop virulent au goût du constructeur américain. /Photo prise le 9 août 2013/REUTERS/Lee Jae-Won