L'aéronautique lorgne la filière auto, mais prudemment

lundi 5 août 2013 10h35
 

par Cyril Altmeyer et Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Confrontés à des programmes toujours plus complexes et coûteux à développer, les constructeurs aéronautiques veulent s'inspirer de la filière automobile passée maître dans l'art de l'externalisation, tout en veillant à ne pas en reproduire les erreurs qui ont conduit des sous-traitants à la faillite.

Airbus et Boeing, tenus d'accroître leur production pour faire face à la demande des pays émergents, souhaitent partager davantage les tâches avec leurs équipementiers, sur le modèle des constructeurs automobiles qui, motorisations mises à part, ne conservent plus en interne que la conception amont des véhicules, puis leur assemblage final.

L'aéronautique, symbole de l'excellence française, a mis du temps à reconnaître les apports d'une industrie de masse comme l'automobile, notent plusieurs experts des deux secteurs.

"Il y a encore une dizaine d'années, quand on parlait de l'automobile dans l'aéronautique, c'est tout juste si on ne perdait pas toute crédibilité en expliquant qu'il y avait des enseignements (...) qui pouvaient servir à l'aéronautique", note Nicolas Beaugrand, du cabinet AlixPartners.

L'aéronautique, où les cadences peuvent atteindre une quarantaine d'appareils par mois sur une ligne de production, cultive en effet son image d'industrie artisanale. Sa cousine automobile peut, elle, produire dans une usine jusqu'à une soixantaine de voitures... par heure.

Les deux secteurs, en pleine santé mondialement, traversent désormais des cycles opposés en Europe de l'Ouest: l'automobile ferme des usines tant la demande est atone au moment où l'aéronautique est en quête de capacités pour tenter de livrer à temps les avions commandés en nombre.

POUVOIR DE NÉGOCIATION

Mais si une voiture reste un objet complexe, elle l'est beaucoup moins qu'un avion de ligne avec 6.000 pièces seulement pour le premier, contre 400.000 environ pour le second. Les avionneurs doivent donc se montrer particulièrement prudents avant de déléguer à leurs fournisseurs.   Suite...

 
Confrontés à des programmes toujours plus complexes et coûteux à développer, les constructeurs aéronautiques veulent s'inspirer de la filière automobile passée maître dans l'art de l'externalisation, tout en veillant à ne pas en reproduire les erreurs qui ont conduit des sous-traitants à la faillite. /Photo d'archives/REUTERS/Jason Lee