2 août 2013 / 13:12 / il y a 4 ans

Les embauches ralentissent, le taux de chômage baisse aux USA

Lors d'un salon de l'emploi à Philadelphie. L'économie américaine a créé moins d'emplois qu'attendu en juillet (162.000 postes non agricoles contre 184.000 attendus) et le taux de chômage a lui diminué à 7,4%, son plus bas niveau depuis décembre 2008, selon des statistiques officielles du département du Travail qui atténuent les craintes d'un ralentissement rapide du rythme des rachats d'actifs par la Fed. /Photo prise le 25 juillet 2013/Mark Makela

par Jason Lange

WASHINGTON (Reuters) - Le secteur non-agricole a créé moins d'emplois que prévu au mois de juillet sans empêcher le taux de chômage de reculer davantage que ce que prédisaient les économistes, ce qui pourrait inciter la Réserve fédérale à la prudence dans la mise au point du calendrier de la baisse de ses rachats d'actifs.

Au total, 162.000 emplois ont été créés en dehors du secteur agricole, un chiffre bien inférieur aux 184.000 prévus. Qui plus est, les chiffres des créations de mai et juin, auparavant estimés à 195.000 chacun, ont été revus en baisse, respectivement à 176.000 et 188.000.

Parallèlement, le taux de chômage a diminué davantage que ce qui était prévu, à 7,4%, contre 7,6% en juin, alors que les économistes anticipaient 7,5%.

Cette amélioration doit toutefois être accueillie avec précaution. Si elle s'explique en partie par les embauches, elle est également imputable à une diminution de la population active.

Ces chiffres accréditent l'hypothèse d'un marché de l'emploi sur le chemin de la reprise au côté d'une économie qui avance doucement, justifiant une poursuite du soutien de la Réserve fédérale.

"Cette nouvelle ne préoccupe pas vraiment les marchés. A ce niveau, de manière quelque peu perverse, les mauvaises nouvelles sont un moteur pour les marchés parce que cela ne donne pas d'autre choix à la Fed que de continuer à faire tourner la planche à billets", commente Adam Sarhan, directeur général de Sarhan Capital à New York.

"Si le chiffre avait été beaucoup plus fort, cela aurait tout de même alimenté la hausse des marchés parce que cela aurait reflété une amélioration de l'économie. Les partisans de la hausse sont dans une situation 'gagnant-gagnant'."

Quelques minutes après l'ouverture de Wall Street, le Dow Jones perdait 0,3% et le S&P-500 cédait 0,2%.

La question se pose donc de savoir si ces chiffres sont en mesure de dissuader la Fed de commencer à réduire le rythme de ses rachats d'actifs, dont le montant est actuellement fixé à 85 milliards de dollars par mois.

Depuis leur mise en place, les plans d'assouplissement quantitatif successifs ont fait baisser les taux d'intérêt, alimentant la croissance par une accélération du marché de l'immobilier et du crédit à la consommation.

Le président de la Fed Ben Bernanke a dit en juin que la Fed commencerait à réduire le montant de ses rachats d'actifs d'ici la fin de l'année et qu'elle entendait y mettre fin d'ici la mi-2014.

DISTORSIONS

Avec les révisions de mai et juin, la croissance mensuelle moyenne de l'emploi non-agricole américain ressort à 175.000 et selon certains économistes ce niveau ne devrait pas empêcher la Fed de commencer à réduire le montant de ses rachats dès le mois de septembre.

Reste que le détail des chiffres brosse un tableau pour le moins contrasté de l'économie américaine.

Certains analystes se demandent si les créations d'emplois pourront se poursuivre à leur rythme actuel alors que l'économie n'avance pas aussi rapidement que prévu.

Les premiers chiffres du produit intérieur brut américain pour le deuxième trimestre ont certes montré une accélération plus forte qu'anticipé d'avril à juin, mais ceux des trois premiers mois de l'année ont été révisés en très nette baisse.

Mais l'une des principales craintes des économistes réside dans la question posée par la distorsion entre l'amélioration de l'emploi et celle de l'économie qui pourrait témoigner d'une chute du potentiel de croissance américain.

Cela signifierait qu'il faut moins de production pour créer de l'emploi mais que, parallèlement, le revenu progresserait moins vite sur le long terme.

Nicolas Delame pour le service français, édité par Véronique Tison

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