Rebond des fusions et acquisitions mais le marché reste poussif

mercredi 31 juillet 2013 18h12
 

par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Le marché français des fusions et acquisitions a repris de la vigueur ce mois-ci après de longs mois de léthargie, profitant de transactions comme le mariage de Publicis et de l'américain Omnicom ou le rachat du britannique Invensys par Schneider Electric.

Mais passé l'effet d'annonce, les banquiers d'affaires ne croient pas encore à un véritable retour des grandes manoeuvres sur le front du M&A, du moins pour le moment. Car la récession en Europe et une consommation des ménages en berne pèsent toujours sur le moral des dirigeants d'entreprises.

Selon les données Thomson Reuters, le volume de transactions impliquant une entreprise française s'est envolé à 53 milliards de dollars (40 milliards d'euros) pour le seul mois de juillet, soit un montant près de cinq fois supérieur à celui de juillet 2012 (11,45 milliards de dollars ou 8,6 milliards d'euros).

Le marché flirte ainsi avec le pic de juillet 2007 et ses 56,56 milliards de dollars de transactions, tout juste avant l'éclatement de la crise financière en Europe.

Pour autant, le nombre d'opérations reste faible : seulement 133 transactions en juillet 2013 contre 258 un an plus tôt et 310 en juillet 2007.

"Le fait qu'il y ait aujourd'hui quelques opérations emblématiques est une excellente nouvelle parce que la France en manquait cruellement", souligne Patrick Maurel, coprésident du directoire de la banque Leonardo en France. "Mais cela ne me semble pas être un gage suffisant pour dire que le marché repart."

"Les dirigeants d'entreprise manquent d'enthousiasme car ils vivent dans un marché d'incertitudes, qu'elles soient fiscales ou économiques, avec une consommation atone et une croissance nulle", poursuit-il.

En cumulé, sur les sept premiers mois de l'année, les volumes restent toujours en retrait par rapport aux niveaux d'avant la crise financière. Ils atteignent près de 90 milliards de dollars, contre 211 milliards entre début janvier et fin juillet 2007 et 240 milliards pour la même période de 2006.   Suite...

 
Le marché français des fusions et acquisitions a repris de la vigueur en juillet après de longs mois de léthargie, profitant de transactions comme le mariage de Publicis et de l'américain Omnicom ou le rachat du britannique Invensys par Schneider Electric. Mais passé l'effet d'annonce, les banquiers d'affaires ne croient pas encore à un véritable retour des grandes manoeuvres, du moins pour le moment. /Photo d'archives/REUTERS/Juan Medina