Publicis-Omnicom, une fusion aux accents américains

lundi 29 juillet 2013 21h38
 

par Christian Plumb et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - Le nouveau géant de la publicité qui naîtra de la fusion entre Publicis et Omnium devrait pouvoir surmonter d'éventuelles tensions entre ses filiales américaines et françaises en adoptant une culture et une identité plus américaine, estiment lundi des spécialistes du secteur.

Les deux entreprises ont présenté l'opération, qui doit donner naissance à un nouveau poids lourd de quelque 26 milliards d'euros de capitalisation boursière, comme une "fusion entre égaux". Les deux groupes ont une capitalisation boursière similaire et le conseil d'administration de la nouvelle entreprise sera composé à égalité de représentants de Publicis et d'Omnicom.

Toutefois le nouveau groupe sera dirigé par un directeur général américain après une période de transition de 30 mois et sera supervisé depuis les Pays-Bas, où sera installée la nouvelle holding Publicis-Omnicom, loin du quartier général de Publicis près de l'Arc de Triomphe à Paris.

A l'issue de cette transition, Maurice Lévy, l'actuel président du directoire de Publicis, deviendra président non exécutif de Publicis-Omnicom.

"C'est une direction que le groupe français a pris parce qu'ils ont réalisé qu'ils n'avaient plus besoin désormais d'être français", souligne un banquier parisien. "D'un point de vue organisationnel et du point de vue des marchés, cela va devenir une entreprise basée aux Etats-Unis."

Un autre banquier écarte lui aussi l'idée d'une fusion entre égaux et fait remarquer qu'à terme, Omnicom occupera le siège du conducteur.

"A l'issue de deux ans, le seul directeur général sera Américain. La principale place de cotation sera New York. Et la société holding sera aux Pays-Bas. Il n'est pas difficile de comprendre où cela mène", souligne le banquier.

La visibilité sur qui contrôle effectivement l'entreprise devrait permettre au groupe d'éviter les erreurs commises dans certaines grosses opérations de fusions-acquisitions internationales à l'image du rapprochement Daimler-Chrysler à la fin des années 1990.   Suite...

 
John Wren, directeur général d'Omnicom (à gauche) et Maurice Lévy, président du directoire de Publicis, ce lundi à Wall Street. Le nouveau géant de la publicité qui naîtra de la fusion entre les deux groupes devrait pouvoir surmonter d'éventuelles tensions entre ses filiales américaines et françaises en adoptant une culture et une identité plus américaine, estiment des spécialistes du secteur. /Photo prise le 29 juillet 2013/REUTERS/Shannon Stapleton