Les banques confrontées à une crise... qui dure

mercredi 17 juillet 2013 16h52
 

par Matthias Blamont

PARIS (Reuters) - Conjoncture, risque souverain, réglementation... Les banques françaises n'ont pas fini de s'adapter à une crise qui continuera de peser sur leurs résultats.

En dépit du calme relatif observé sur les marchés ces derniers mois, et au moment où Bruxelles s'emploie à élaborer une "union bancaire" destinée à juguler l'impact de nouvelles crises, des experts interrogés par Reuters préviennent que les menaces sur les établissements de crédit demeurent.

"2013 verra une remontée du coût du risque, nous le constatons déjà, avec des défaillances d'entreprises plus nombreuses et surtout plus rapides", souligne Marie-Christine Jolys, associée et responsable de la réglementation bancaire chez KPMG.

Les défaillances de sociétés en France ont augmenté de 9,4% au deuxième trimestre pour se rapprocher des niveaux enregistrés en 2009, selon des statistiques compilées par le groupe Altares, une hausse qui conforte le diagnostic d'un "double dip".

Ces difficultés devraient se matérialiser dans les comptes semestriels des banques françaises qui ont prévu de publier leurs résultats à partir du 31 juillet. La contraction de l'économie observée en Italie, où BNP et Crédit agricole S.A. sont très présentes, devrait également contribuer à la montée des provisions pour créances douteuses.

Le chef de l'Etat, François Hollande, a assuré pour sa part dimanche qu'il percevait les signes d'une reprise économique dans l'Hexagone.

Une enquête Reuters réalisée auprès d'une vingtaine d'économistes révèle néanmoins que le produit intérieur brut de la France devrait diminuer de 0,3% en 2013 avant de renouer avec une croissance limitée à 0,6% en 2014.

La Banque de France prévoit de son côté une croissance "très proche de zéro" cette année et, le 12 juillet, l'agence de notation Fitch a privé la France de son dernier AAA.   Suite...

 
Avec la conjoncture, le risque souverain, et les différentes réglementations, les banques françaises n'ont pas fini de s'adapter à une crise qui continuera de peser sur leurs résultats. Le cabinet Roland Berger estime que les banques européennes ne renoueront pas avec des rendements de capitaux propres à deux chiffres avant 2015. Ils atteignaient 17% en moyenne en 2007 et 0% en 2012. /Photo d'archives/REUTERS