12 juillet 2013 / 09:20 / il y a 4 ans

Le taux du livret A devrait être ramené à 1,25%

Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a proposé vendredi de baisser à 1,25%, contre 1,75% aujourd'hui, le taux du livret A et du livret de développement durable à compter du 1er août pour tenir compte du ralentissement de l'inflation. /Photo d'archives/Thierry Roge

PARIS (Reuters) - Le taux du livret A, le produit d'épargne français le plus populaire, devrait être abaissé à 1,25% à compter du 1er août, retrouvant son plus bas niveau d'il y a quatre ans, pour tenir compte du ralentissement de l'inflation.

Conformément à la réglementation, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a recommandé vendredi que ce taux, fixé depuis le 1er février à 1,75%, soit diminué de 50 points de base, ainsi que celui du livret de développement durable (LDD).

La décision reviendra au ministre de l'Economie, qui devrait l'annoncer rapidement. Mais il fait peu de doutes que Pierre Moscovici suivra l'avis de Christian Noyer, avec lequel il a eu un entretien sur la question mercredi après la publication des chiffres d'inflation de juin.

Sur la base de celle-ci (+0,9% sur un an, +0,8% hors tabac), la rémunération du livret A aurait pu être abaissée à 1%, soit un plus bas historique, souligne le gouverneur dans son avis.

"Toutefois, constatant que l'application de la formule conduirait à une forte variation et à un niveau inédit de la rémunération du livret A, le gouverneur a décidé que cette circonstance exceptionnelle justifiait qu'il soit dérogé à la stricte application des taux calculés selon la formule de calcul en vigueur, ainsi que le règlement en prévoit la possibilité", lit-on dans un communiqué de la Banque de France.

Christian Noyer avait déjà invoqué une telle "circonstance exceptionnelle" pour recommander que le taux du livret A soit ramené au 1er février dernier de 2,25% à 1,75%, alors que la formule de son calcul semestriel, qui prend en compte l'inflation et les taux de marché sur des maturités très courtes (Eonia et Euribor), aurait conduit à l'abaisser à 1,50%.

Une baisse du taux du livret A a toujours été une question sensible, même depuis que Dominique Strauss-Kahn, alors ministre de l'Economie, a décidé en 1999 d'introduire une formule de calcul pour tenter de dépassionner le processus décisionnel.

HANDICAP POUR L'ÉCONOMIE

La formule en place, la troisième depuis 1999, donne peu de marges de manoeuvre au gouvernement, toujours soucieux de préserver le pouvoir d'achat de ce produit d'épargne plébiscité par les Français - 63,3 millions de livrets A étaient ouverts à fin 2012 - en maintenant son taux au-dessus de l'inflation.

Dans l'environnement actuel de taux bas, une rémunération relativement élevée de l'épargne réglementée est néanmoins un handicap pour le financement de l'économie en renchérissant les ressources des banques, obligées d'aligner autant que possible les taux de leurs livrets ordinaires et dépôts à terme, ce qui n'est pas sans conséquence sur le coût du crédit.

Le maintien d'un livret A nettement au-dessus de l'inflation est aussi préjudiciable au financement du logement social, dont il est la principale ressource.

Le taux du Livret A et du LDD avait déjà été à 1,25% entre août 2009 et août 2010.

Le gouvernement met toujours en avant l'importance de ce produit pour les petits épargnants : 64,2% des livrets A ont moins de 1.500 euros de dépôts et 45,6% moins de 150 euros.

Mais avec la faiblesse générale des taux des autres produits financiers et sa défiscalisation totale au moment où le gouvernement a fortement relevé les prélèvements sur le capital, le livret A a aussi beaucoup d'attrait pour les ménages aisés.

Ceux-ci ont le plus profité du relèvement en deux temps - 1er octobre et 1er janvier - de 50% du plafond du livret A, qui est passé de 15.300 à 22.950 euros : les livrets d'un montant supérieur ou égal à l'ancien plafond de 15.300 euros représentaient fin 2012 50,8% de l'encours total des fonds du livret A (250 milliards) contre 43,1% à fin 2011 (sur un encours total de 214,7 milliards.

Yann Le Guernigou et Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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