July 9, 2013 / 5:19 AM / in 4 years

La Grèce obtient une tranche d'aide, en versements par étapes

5 MINUTES DE LECTURE

Le ministre grec des Finances Yannis Stournaras et la directrice générale du FMI Christine Lagarde à Bruxelles. Avec sa promesse de mener à bien son programme de réformes, la Grèce a obtenu lundi le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide de ses créanciers internationaux, mais les versements se feront en plusieurs étapes /Photo prise le 8 juillet 2013/François Lenoir

BRUXELLES (Reuters) - Avec sa promesse de mener à bien son programme de réformes, la Grèce a obtenu lundi le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide de ses créanciers internationaux, mais les versements se feront en plusieurs étapes, ont annoncé des responsables européens.

Réunis à Bruxelles, les ministres des Finances de la zone euro se sont entendus sur le versement par étapes d'une tranche d'aide de 6,8 milliards d'euros à Athènes, tout en avertissant le pays qu'il devait tenir ses engagements de réduction des effectifs dans le secteur public et de réformes structurelles.

En vertu de cet accord, sans lequel la Grèce se serait retrouvée en défaut de paiement sur les remboursements de sa dette arrivant à échéance fin août, Athènes recevra l'aide au compte-gouttes et sera sous l'étroite surveillance de ses créanciers pour mener à bien ces réformes impopulaires.

Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a ainsi prévenu que la Grèce devait faire la preuve de ses engagements en matière de licenciements de fonctionnaires et de modernisation de son code des impôts d'ici au 19 juillet pour recevoir avant la fin du mois 2,5 milliards d'euros versés par les pays de la zone euro.

La zone euro apportera encore 500 millions d'euros en octobre. L'Eurosystème des banques centrales contribuera de son côté à hauteur de 1,5 milliard d'euros en juillet et de 500 millions en octobre. Athènes recevra également 1,8 milliard du Fonds monétaire international (FMI) au mois d'août.

Ces conditions sévères reflètent l'impatience des créanciers de la Grèce, portée à bout de bras depuis mai 2010 sans réussir pour autant à réaliser les réformes qui lui sont imposées après avoir longtemps vécu au-dessus de ses moyens.

"Il est temps d'accélérer la dynamique de réforme en Grèce", a déclaré le commissaire européen chargé des Affaires économiques et monétaires Olli Rehn à la presse.

Réussir à réformer la Grèce reste l'élément central pour sortir la zone euro de la crise et l'Union européenne a besoin de la coopération d'Athènes pour empêcher le Fonds monétaire international (FMI) à se retirer du plan d'aide.

"Meilleure Nouvelle De La journée"

"Si la zone euro n'a pas besoin du FMI (...) c'est la meilleure nouvelle de la journée", a dit la directrice générale du FMI Christine Lagarde à l'issue de la réunion.

Plusieurs participants de l'Eurogroupe avaient dit s'attendre à cet étalement des versements, permettant de vérifier qu'Athènes atteint ses objectifs fixés en accord avec la troïka des bailleurs de fonds - Union européenne, FMI et Banque centrale européenne.

Toutefois, la pression exercée sur la Grèce menace aussi de compromettre ses efforts pour sortir de la récession, dans un pays où deux jeunes sur trois sont sans emploi. Le pays devrait retrouver une petite croissance, de 0,6%, en 2014.

Vendredi, plus de 6.000 fonctionnaires - parmi lesquels des policiers municipaux en uniforme sur leurs motos - ont manifesté jusqu'au siège du ministère de la Réforme administrative, dans le centre d'Athènes, en brandissant des drapeaux noirs et en actionnant des sirènes pour protester contre les nouvelles coupes annoncées dans le secteur public.

Athènes espérait obtenir d'un coup la nouvelle tranche, l'un des derniers versements dans le cadre de son plan de sauvetage de 240 milliards d'euros. Mais elle devra attendre.

Un responsable du ministère grec des Finances a jugé l'accord satisfaisant, tout en soulignant qu'Athènes espérait obtenir une somme plus importante, de 8,1 milliards d'euros.

"La décision de l'Eurogroupe est satisfaisante et plus ou moins ce que nous attendions", a-t-il déclaré sous couvert d'anonymat à l'issue de la réunion à laquelle il participait.

"Nous aurions aimé obtenir environ 1,8 milliard d'euros supplémentaires. Cette somme, le dernier versement de la zone euro en 2013, devrait être repoussée à novembre ou plus tard en raison des élections en Allemagne et en Autriche", a-t-il dit.

Il a précisé que cet accord permettrait à la Grèce de rembourser environ 2,2 milliards d'euros en août, couvrir ses dépenses et régler ses arriérées de paiement.

Annika Breidthardt et Martin Santa, Véronique Tison et Juliette Rouillon pour le service français, édité par Tangi Salaün

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