4 juillet 2013 / 19:45 / il y a 4 ans

Pedro Passos Coelho veut rassurer sur sa majorité au Portugal

Le Premier ministre portugais a annoncé jeudi avoir trouvé une solution permettant d'assurer la stabilité de la coalition gouvernementale mais le contenu de cette "formule" reste à préciser pour apaiser les craintes d'une remise en cause du plan d'aide international. /Photo prise le 3 juillet 2013/REUTERS/Tobias Schwarz

par Shrikesh Laxmidas et Axel Bugge

LISBONNE (Reuters) - Le Premier ministre portugais a annoncé jeudi avoir trouvé une solution permettant d‘assurer la stabilité de la coalition gouvernementale mais le contenu de cette “formule” reste à préciser pour apaiser les craintes d‘une remise en cause du plan d‘aide international.

“Une formule a été trouvée pour maintenir la stabilité du gouvernement”, a déclaré Pedro Passos Coelho à des journalistes après une réunion de crise avec le président Anibal Cavaco Silva.

Les démissions successives cette semaine du ministre des Finances, Vitor Gaspar, et de son collègue des Affaires étrangères, Paulo Portas, chef du file du CDS-PP, le plus petit des deux partis de la coalition, menacent de priver Pedro Passos Coelho de majorité au Parlement.

Le Premier ministre a expliqué que la solution à la crise impliquerait un “moyen de garantir le soutien politique du CDS-PP au gouvernement”, ajoutant que la démission de Paulo Portas était une décision personnelle.

Il n‘a toutefois donné aucune précision sur le contenu de l‘accord, et les discussions avec Paulo Portas et son mouvement doivent continuer au cours des prochains jours. Il est probable que le nombre de portefeuilles ministériels accordés au CDS-PP augmente, estiment des analystes.

Tout accord devrait obtenir l‘aval du président Silva, qui doit consulter tous les partis politiques à partir de lundi.

Les coûts de financement du Portugal sont retombés jeudi et la Bourse de Lisbonne a terminé la journée en hausse de 3,7%, effaçant une bonne partie de ses pertes de la veille. Quant au rendement des emprunts portugais à 10 ans sur le marché secondaire, il est retombé sous 7,4% après être monté la veille à plus de 8% pour la première fois depuis novembre.

Avant même les déclarations du chef du gouvernement, les marchés avaient bien accueilli les informations de presse selon lesquelles il espérait arriver à un accord permettant d‘éviter des élections législatives anticipées.

Mais certains observateurs estiment que la solution politique, quelle qu‘elle soit, risque d‘aggraver les difficultés économiques du Portugal, alors que le taux de chômage approche déjà 18% et que le pays est entré dans sa troisième année de récession.

PRIME DE RISQUE EN HAUSSE

“Quel que soit le scénario (politique), la réévaluation de la prime de risque du pays sera probablement durable, à des niveaux inférieurs au niveau actuel mais supérieurs au minimum atteint avant cet épisode”, explique ainsi Paula Carvalho, chef économiste de Banco BPI, dans une note.

Pour Antonio Barroso, analyste politique du cabinet de conseil Teneo Intelligence à Londres, “une solution négociée prévoyant que Portas reste en dehors du gouvernement mais que la coalition survive permettait au dirigeant du CDS-PP de sauver partiellement la face. Mais les négociations seront certainement délicates”.

Une crise politique durable pourrait remettre en cause la sortie prévue du Portugal du programme d‘aide de 78 milliards d‘euros octroyé en 2011 par le Fonds monétaire international (FMI) et l‘Union européenne.

Le Portugal était considéré il y a peu encore comme un exemple de l‘efficacité du programme UE-FMI, ce qui explique en partie la détente du rendement des emprunts d‘Etat à 10 ans revenu à près de 5% vers la fin du mois mai.

Il y a deux mois, le Trésor portugais avait bouclé sans difficulté un emprunt obligataire à dix ans de trois milliards d‘euros, le premier de ce type depuis janvier 2011, un succès qui avait conforté l‘espoir de voir Lisbonne capable dès l‘an prochain de se libérer du plan d‘aide.

Les créanciers du Portugal, qui ont consenti en mars à revoir les objectifs de déficit du pays, doivent entamer le 15 juillet leur prochaine évaluation de la situation économique du pays, mais cette échéance pourrait désormais être repoussée.

Il y a près d‘un mois, le FMI avait qualifié de “sombre” l‘avenir économique du Portugal, tout en débloquant une nouvelle tranche d‘aide.

Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Marc Angrand

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