Risques sur les banques de la zone euro en 2014, selon Axa IM

jeudi 4 juillet 2013 20h31
 

PARIS (Reuters) - Une conjonction de risques sur les banques de la zone euro menace de la replonger dans les turbulences début 2014, prévient l'économiste en chef d'Axa IM.

"Un changement de régime sur le risque systémique dans la zone euro est à craindre en 2014" alors que l'engagement du président de la BCE, Mario Draghi, de faire tout son possible pour sauver la monnaie unique est parvenu jusqu'à présent à préserver la stabilité du bloc, a déclaré Eric Chaney jeudi lors d'une conférence de presse.

Pour lui, les banques de la zone euro vont être confrontées à un triple risque et les avancées sur l'union bancaire pourraient se révéler insuffisantes pour y faire face.

La Banque centrale européenne procédera au premier trimestre de l'an prochain à un examen de la qualité des actifs et de la solidité des bilans des quelques 130 banques de la zone euro dont elle assurera la surveillance directe dans le cadre du mécanisme de supervision bancaire unique.

Après les critiques suscitées par les tests de résistance réalisés l'été dernier sous l'égide de l'Autorité bancaire européenne, qui n'avaient pas permis de prévenir la faillite des banques chypriotes, l'Europe n'a pas le droit à l'erreur.

"Même à la BCE, ils sont inquiets de ce qu'ils vont trouver", estime Eric Chaney pour qui "deux choses font peur": "des actifs de plus mauvaise qualité que ce qui a été révélé jusqu'à présent ou dont la qualité s'est détériorée avec la crise", et le "syndrome japonais des 'zombie banks'", ces établissements qui préfèrent maintenir à flot des entreprises en difficulté plutôt que de devoir constater des pertes susceptibles de les acculer à la recapitalisation.

La prise en compte par les investisseurs de la mise à contribution des créanciers privés (bail-in) en cas de recapitalisation ou de faillite d'une banque risque aussi d'entraîner une hausse de leurs coûts de financement.

Les actionnaires et les détenteurs de dette subordonnée et senior étant "bail-inables" à partir du 1er août 2013, l'assouplissement des conditions de financement des banques observés depuis l'été 2012 pourrait être remis en cause, les investisseurs exigeant une prime pour rémunérer un risque désormais plus élevé.

Cette remontée des coûts de financement risque de désavantager un peu plus les établissements fragiles au risque d'accroître la segmentation des marchés du crédit au sein de la zone euro, à laquelle la BCE s'efforce pourtant de remédier.   Suite...

 
Selon l'économiste en chef d'Axa IM Eric Chaney, une conjonction de risques sur les banques de la zone euro menace de la replonger dans les turbulences début 2014. /Photo d'archives/REUTERS/Thierry Roge