La France accepte un compromis sur les pourparlers UE-USA

mercredi 3 juillet 2013 20h15
 

BERLIN/PARIS (Reuters) - La France, qui voulait retarder l'ouverture des négociations sur un accord de libre échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis en raison des accusations d'espionnage formulées contre Washington, s'est ralliée mercredi à un compromis qui permettra aux pourparlers de débuter la semaine prochaine.

Devant le refus de l'Allemagne et de l'immense majorité des partenaires européens de Paris d'envoyer ce signal négatif aux Etats-Unis, un groupe de travail euro-américain sur les activités des services de renseignement sera créé simultanément.

"Il ne peut pas y avoir d'ouverture de négociations commerciales sans qu'il y ait dans le même temps, à la même date, l'ouverture de discussions et de vérifications avec les Etats-Unis sur l'activité des services de renseignement américains dans nos pays et la protection des données privées", a déclaré le président français à Berlin à l'issue d'une réunion européenne consacrée à l'emploi des jeunes.

La France avait pourtant toute la journée de mercredi défendu une position ferme à la suite d'articles du Guardian et du Spiegel qui ont fait état d'un programme d'espionnage mené par l'Agence nationale de sécurité (NSA), notamment sur des pays européens.

La porte-parole du gouvernement français, Najat Vallaud-Belkacem, avait déclaré lors de son compte rendu du conseil des ministres présidé par François Hollande qu'il serait "sage" de reporter de 15 jours l'ouverture des discussions commerciales.

"Il ne s'agit pas d'arrêter les négociations sur l'accord de libre échange avec les Etats-Unis", avait-elle dit.

"En revanche, il nous paraît sage de les suspendre temporairement, de les suspendre pour une durée de 15 jours sans doute, pour éviter toute polémique et le temps d'obtenir les informations que nous avons demandées."

"PAS OPPORTUN" SELON FABIUS

Le ministre français des Affaires étrangères avait ensuite abondé dans le même sens lors des questions au gouvernement à l'Assemblée, même si la France ne pouvait pas s'opposer à l'ouverture des négociations lundi prochain, la Commission négociant sur ce dossier au nom des Vingt-Huit.   Suite...

 
La France, qui voulait retarder l'ouverture des négociations sur un accord de libre échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis en raison des accusations d'espionnage formulées contre Washington, s'est ralliée mercredi à un compromis -la création simultanée d'un groupe de travail euro-américain sur les activités des services de renseignement- qui permettra aux pourparlers de débuter la semaine prochaine. /Photo d'archives/REUTERS/Tobias Schwarz