L'Espagne relève des taxes mais est loin du compte

vendredi 28 juin 2013 19h45
 

par Andrés González et Paul Day

MADRID (Reuters) - Le gouvernement espagnol a annoncé vendredi un relèvement des taxes sur le tabac et les spiritueux ainsi que la suppression de certains allègements d'impôts accordés aux entreprises mais ces mesures restent loin d'engager la refonte du système fiscal jugée nécessaire par l'Union européenne et le FMI.

"Nous voulons avoir un système fiscal comparable à ceux de pays qui disposent des entreprises les plus compétitives au monde", a déclaré le ministre du Trésor Cristobal Montoro, lors d'une conférence de presse. "En termes de recettes, le système fiscal sera plus équitable."

Depuis le début de la crise, les gouvernements successifs avaient privilégié la baisse des dépenses pour tenter de rapprocher les comptes publics de l'équilibre.

La récession dans laquelle l'Espagne est plongée depuis bientôt cinq ans a fait fondre les recettes de l'Etat de plus de 50 milliards d'euros, ramenant le taux de prélèvements obligatoires à 36,4% du PIB contre 41,1% en 2007 alors que la moyenne de l'Union européenne est de 45,4%.

"C'est la perte de revenus qui est unique et particulièrement grave dans le cas de l'Espagne, à cause de la forte dépendance des recettes de l'Etat à l'activité du secteur immobilier", explique Jose Manuel Campa, secrétaire d'Etat à l'Economie dans le précédent gouvernement.

Les mesures fiscales annoncées vendredi représentent des recettes nouvelles de 800 millions d'euros en 2013, a précisé à Reuters le porte-parole du ministère du Trésor, corrigeant le chiffre initial d'un milliard évoqué par Cristobal Montoro.

PRIORITÉ AUX RECETTES

Elles incluent une hausse de 10% de la taxe sur les spiritueux, qui ne touche pas le vin et la bière, ainsi qu'un relèvement des prélèvements sur le tabac, pour un montant cumulé estimé à environ 400 millions d'euros.   Suite...

 
Le gouvernement espagnol a annoncé vendredi un relèvement des taxes sur le tabac et les spiritueux ainsi que la suppression de certains allègements d'impôts accordés aux entreprises mais ces mesures restent loin d'engager la refonte du système fiscal jugée nécessaire par l'Union européenne et le FMI. /Photo d'archives/REUTERS/Peter Macdiarmid