L'Union bancaire reste un point sensible pour l'Allemagne

vendredi 28 juin 2013 18h00
 

par Emmanuel Jarry

BRUXELLES (Reuters) - Angela Merkel et François Hollande sont apparus vendredi à Bruxelles encore éloignés d'un accord définitif sur les modalités d'un mécanisme de résolution des crises bancaires, malgré leur déclaration commune du 30 mai dernier.

Le principal point de divergence entre la chancelière allemande et le président français reste la désignation de l'autorité centrale qui sera chargée de piloter ce mécanisme censé gérer les faillites bancaires survenant dans la zone euro.

"Ce sera un point très sensible", admet-on côté français.

Le texte du 30 mai précise que la mise en place d'un mécanisme de résolution "devra s'opérer sur la base des traités existants" mais reste vague sur cette autorité centrale : il se borne à évoquer "un conseil de résolution unique associant les autorités de résolution nationales et permettant une prise de décision rapide, efficace et cohérente au niveau central".

Lors d'une conférence de presse à l'issue du Conseil, Angela Merkel a averti que si cette mission revenait à la Commission européenne, les traités européens devraient être modifiés : "Si nous voulons de nouvelles compétences (pour la Commission), alors elles doivent être liées à des changements de traités."

Réponse quelques instants plus tard de François Hollande : "S'il apparaissait que pour ce mécanisme unique de résolution (...) il y ait ce besoin-là, bien sûr nous passerions à cette étape. Mais avant d'y arriver, je pense que nous devons aller le plus loin possible dans le cadre des traités existants."

"Rien ne doit nous arrêter à ce stade pour aller le plus vite possible", a ajouté le président Français, pour qui l'union bancaire doit être pleinement opérationnelle à la mi-2014, avant les élections européennes de juin.

"Je considère que ce projet d'union bancaire (...) est maintenant en voie d'être réalisé", a-t-il souligné. "Au milieu de l'année 2014 (...) il y aura l'ensemble des mécanismes - supervision, résolution, recapitalisation des banques - permettant de protéger l'Europe de toute crise bancaire."   Suite...

 
Angela Merkel à Bruxelles, jeudi. La chancelière allemande et François Hollande sont apparus à l'issue du Conseil européen encore éloignés d'un accord définitif sur les modalités d'un mécanisme de résolution des crises bancaires, malgré leur déclaration commune du 30 mai dernier. Le principal point de divergence reste la désignation de l'autorité centrale qui sera chargée de piloter ce mécanisme. /Photo prise le 28 juin 2013/REUTERS/François Lenoir