Le marché des fusions et acquisitions au ralenti en Europe

vendredi 28 juin 2013 11h50
 

par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Le marché des fusions et acquisitions est resté léthargique en France au cours des six premiers mois de l'année, à l'image de l'état de santé de l'économie française, signant même son pire deuxième trimestre de ces dix dernières années malgré quelques opérations dans le capital-investissement.

Sur fond de déprime de la zone euro, l'Europe dans son ensemble tourne au ralenti, alors qu'aux Etats-Unis les transactions restent soutenues après un début d'année tonitruant avec le rachat de Heinz et l'offensive sur Virgin Media.

D'après les données Thomson Reuters, les opérations de M&A (fusions et acquisitions) impliquant une entreprise française ont atteint, en volume, 33,4 milliards de dollars (25,7 milliards d'euros) au premier semestre 2013, en repli de 31% par rapport à un an plus tôt. Au deuxième trimestre, elles se sont élevées à 16 milliards de dollars contre 19,1 milliards un an auparavant.

En Europe, les volumes de fusions et acquisitions ont fondu de 43% entre janvier et juin par rapport à la période correspondante de 2012, à un plus bas de 16 ans, alors qu'ils ont crû de 34% aux Etats-Unis sur la même période.

Au niveau mondial, les volumes ont baissé de 9% au premier semestre, la plus faible performance enregistrée depuis le premier semestre 2009.

"Aux Etats-Unis, le marché reste animé par de grandes opérations de M&A. Mais en Europe, le rebond n'est pas encore intervenu et on constate la poursuite de la tendance baissière, en ligne avec 2012", souligne Nicolas Darius, responsable du M&A pour la France, le Belgique et le Luxembourg chez Barclays.

"Pourtant les conditions sous-jacentes sont positives : les taux restent faibles, les sociétés ont beaucoup de cash au bilan, les valorisations restent raisonnables", note pour sa part Gilberto Pozzi, patron du M&A chez Goldman Sachs pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique.

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