L'exécutif assume un risque de léger dérapage budgétaire

mardi 25 juin 2013 17h43
 

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français semble assumer le risque d'un léger dérapage budgétaire cette année anticipé par de nombreux économistes, qui ne redoutent pas de réaction violente des marchés financiers si des réformes pour doper l'économie et réduire les dépenses sont mises en oeuvre.

Les députés d'opposition de la commission des Finances de l'Assemblée nationale ont sonné l'alarme mardi, estimant que le déficit public sera d'"au moins 4%" fin 2013, au lieu de 3,7%.

"Le gouvernement refuse de dire la vérité sur l'évolution de nos comptes publics", a dénoncé le président de la commission des Finances, Gilles Carrez (UMP), lors d'un point de presse.

Pour éviter ce dérapage et le risque qu'il ferait peser sur la crédibilité de la France vis-à-vis de ses créanciers, ces élus demandent au gouvernement d'accentuer nettement la baisse des dépenses publiques dans le cadre d'un budget rectificatif.

L'exécutif a de nouveau exclu d'actualiser son budget et assuré que les dépenses étaient bien tenues, sans nier que les recettes fiscales pourraient être inférieures aux prévisions.

"Je m'étais engagé à un programme d'économies pour les dépenses de l'Etat, cet objectif sera atteint", a dit le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, en reconnaissant qu'"avec une croissance faible, les recettes sont moindres".

Le ministre des Finances, Pierre Moscovici, avait auparavant assuré que "la dépense de l'Etat a été maîtrisée en 2012, elle sera maîtrisée en 2013". Il a exclu des mesures d'urgence pour ramener coûte que coûte le déficit à 3,7% du PIB cette année.

Gilles Carrez a brandi la menace d'une perte de confiance des investisseurs qui se traduirait par une hausse des taux d'emprunt de la France. Un risque nuancé par des économistes, qui insistent plutôt sur l'importance de poursuivre les réformes.   Suite...