June 23, 2013 / 11:06 AM / 4 years ago

Pour Vinci, la Coupe du monde 2022 au Qatar se joue maintenant

5 MINUTES DE LECTURE

Yves-Thibault de Silguy, un des nombreux patrons français qui ont accompagné François Hollande à Doha. Le vice-président de Vinci voit dans les appels d'offres des stades et des infrastructures nécessaires à l'organisation de la Coupe du monde de football en 2022 au Qatar un enjeu majeur pour le groupe. /Photo prise le 23 juin 2013Mohammed Dabbous

par Julien Ponthus

DOHA (Reuters) - Les appels d'offres des stades et des infrastructures nécessaires à l'organisation de la Coupe du monde de football en 2022 au Qatar constituent un enjeu majeur pour Vinci, a déclaré son vice-président, Yves-Thibault de Silguy, qui accompagne François Hollande dans sa visite dans l'émirat du Golfe.

De nombreux patrons français ont pris l'avion avec le chef de l'Etat pour cette visite officielle, espérant obtenir une part des projets pharaoniques qui entourent cette compétition sportive.

"Pour moi, ce qui est majeur c'est la manière dont on va jouer la Coupe du monde de football", a déclaré samedi soir Yves-Thibault de Silguy, dont l'entreprise a déjà construit le Stade de France pour la Coupe du monde 1998 en France.

"La Coupe du monde 2022 va commander toute une série d'aménagements de développements d'infrastructures routières, ferroviaires, portuaires", énumère le dirigeant qui note que ces projets peuvent constituer une rampe d'accès au marché qatari pour de nombreuses PME françaises.

"On a un avantage, c'est qu'on en a fait une Coupe du monde et on a l'Euro en 2016", poursuit-il.

Il prévient néanmoins que la concurrence sur le marché qatari, un pays dont les gigantesques réserves de gaz naturel exacerbent les convoitises, sera "du feu de dieu" et qu'elle aura pour effet de faire baisser les marges sur les grands projets.

L'attribution au Qatar du Mondial 2022 par la Fifa a été sujette à controverse du fait de la taille du pays - environ deux millions d'habitants seulement - et des conditions climatiques extrêmes qui nécessiteront des aménagements techniques importants dans les stades.

"Il faut faire des stades novateurs en terme thermique", explique Yves-Thibault de Silguy. Certains stades devront en outre être démontables.

Aux Entreprises D'être compétitives

Le vice-président de Vinci se satisfait de la manière dont les entreprises sont accompagnées par François Hollande, même s'il juge que c'est aux entreprises de séduire les Qataris.

"On ne peut pas demander au président quel qu'il soit d'être compétitif à notre place", constate-t-il.

Souhaitant se démarquer de la "diplomatie de contrat" qu'affichait, dit-il, Nicolas Sarkozy, François Hollande avance lors de ses déplacements à l'étranger le concept d'une "diplomatie économique" où les rôles entre les entreprises et l'Elysée sont clairement définis.

A l'Etat de créer les relations diplomatiques propices pour que les entreprises françaises remportent des contrats par la qualité et la compétitivité de leurs offres plutôt que par "favoritisme diplomatique".

Très présent dans l'émirat, où il construit et gère notamment des parkings de luxe, Vinci a décroché au début du mois un contrat pour la première phase de la construction du métro de Doha qui doit relier l'aéroport au coeur historique de la capitale.

D'autres groupes français devraient tirer leur épingle du jeu comme le constructeur du TGV Alstom, bien placé pour remporter le contrat du tramway de la ville nouvelle de Lusail.

Vinci pousse aussi à une candidature française à l'organisation des Jeux olympiques de 2024. Après l'échec retentissant de Paris 2012, estime Silguy, un succès serait une opportunité majeure à laquelle de nombreuses entreprises devraient s'atteler pour permettre à un projet crédible d'émerger.

"Ce qu'il faut maintenant, c'est que l'on soit capable de mieux s'organiser dans la perspective des Jeux olympiques, (...) mon idée, c'est de trouver le moyen de motiver les entreprises, que l'Etat ne fasse pas tout", dit-il.

Mais en temps de crise, les milliards dépensés pour l'organisation de grands événements sportifs comme les Jeux olympiques ou une Coupe du monde passent très mal auprès d'une partie de l'opinion publique qui juge que ces sommes seraient mieux utilisées pour améliorer l'éducation, la santé et les autres services publics.

Cette colère est au coeur de la contestation en cours au Brésil, qui organisera coup sur coup la prochaine Coupe du monde de football en 2014 puis les Jeux olympiques deux ans plus tard à Rio.

Edité par Henri-Pierre André

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