Un démantèlement de RBS rencontrerait d'importants obstacles

vendredi 21 juin 2013 09h30
 

par Matt Scuffham

LONDRES (Reuters) - La Grande-Bretagne irait au-devant d'importants obstacles si elle décidait de démanteler la banque nationalisée Royal Bank of Scotland (RBS) et une telle procédure ne donnerait peut-être pas le résultat escompté, à savoir une augmentation des prêts aux particuliers et aux entreprises.

Londres est pressé de toutes parts de séparer en plusieurs morceaux RBS, détenu à 82% par l'Etat depuis que ce dernier a volé au secours de la banque au plus fort de la crise financière.

L'idée d'un démantèlement, portée par l'ancien ministre des Finances Nigel Lawson et le gouverneur sortant de la Banque d'Angleterre Mervyn King, a fait son chemin au vu du temps que RBS met à retrouver une santé financière dans un contexte d'atonie du crédit dans le pays.

En outre, une telle solution permettrait d'accélérer le retour au privé d'un établissement dans lequel l'Etat a injecté 45,5 milliards de livres (53 milliards d'euros au cours actuel).

Cela étant dit, d'après des analystes et des investisseurs, une telle voie serait coûteuse, complexe, longue et pas forcément bénéfique, ni pour l'économie ni pour les contribuables.

"La décision d'envisager une scission entre activités saines et 'bad bank' va accroître les incertitudes pesant sur les futurs contours de la banque et ce surtout parce que George Osborne (le ministre des Finances actuel) attend de la banque qu'elle soutienne l'activité économique du pays", a déclaré Shailesh Raikundlia, analyste chez Espirito Santo.

Or, pour l'un des 10 plus gros actionnaires privés de RBS, un démantèlement risquerait d'avoir des conséquences néfastes.

"Il est possible que les contraintes en termes de capital liées à un éclatement produisent l'effet inverse à celui attendu, c'est à dire qu'elles se traduisent par une baisse des prêts à l'économie britannique", explique-t-il.   Suite...

 
La Grande-Bretagne irait au-devant d'importants obstacles si elle décidait de démanteler la banque nationalisée Royal Bank of Scotland (RBS) et une telle procédure ne donnerait peut-être pas le résultat escompté, à savoir une augmentation des prêts aux particuliers et aux entreprises. /Photo d'archives/REUTERS/Andrew Winning