20 juin 2013 / 14:34 / il y a 4 ans

Le plan entre l'Etat et Veolia sur l'avenir de la SNCM validé

Le nouveau de sauvetage de la compagnie maritime SNCM sur lequel l'Etat français et Veolia se sont mis d'accord a été validé jeudi soir par le conseil de surveillance. /Photo d'archives/Jean-Paul Pélissier

PARIS (Reuters) - Le nouveau de sauvetage de la compagnie maritime SNCM sur lequel l'Etat français et Veolia se sont mis d'accord a été validé jeudi soir par le conseil de surveillance, a-t-on appris auprès du ministère des Transports.

Ce dispositif, qui "permet de sauvegarder" la compagnie assurant essentiellement la desserte de la Corse, prévoit la suppression de 515 postes à temps plein mais, comme l'a demandé le gouvernement, il n'y aura pas de licenciements secs.

Le projet prévoyait initialement 600 suppressions de postes sur les 2.000 emplois actuels, avec des pointes à 2.800 lors des pics de l'été.

Environ 415 départs auront lieu en 2014 et une centaine d'autres seront étalés dans le temps jusqu'en 2019, a précisé une porte-parole.

"Le plan prévoit des départs anticipés à la retraite, le non renouvellement de contrats à durée déterminée, et des départs volontaires", a-t-elle ajouté.

Le remboursement exigé par l'Union européenne de 220 millions d'euros d'aides d'Etat versées à la compagnie, illégalement selon Bruxelles, pèse toujours sur l'avenir de la compagnie, dont Veolia détient 66% et l'Etat 25%. Le gouvernement a introduit un recours contre cette décision.

Le plan de sauvetage prévoit le renouvellement de la flotte de ferries afin de lui permettre de répondre à la délégation de service public de la collectivité territoriale de la Corse, dont l'appel d'offres aura lieu en septembre.

Après de longues négociations, Veolia et l'Etat se sont entendus sur le renouvellement de quatre navires de la compagnie, deux à court terme et deux autres à moyen terme. Le chiffre de huit navires avait été évoqué dans de précédents projets.

"Quatre navires, c'est le volume qui permet la délégation de service public", pour la desserte de la Corse, dit-on de source ministérielle.

"Pour réussir dans le domaine maritime, il faut disposer d'une flotte moderne, rapide, et plus économe en carburant", a expliqué pour sa part un responsable de la SNCM au Monde.fr.

Les trois poids lourds politiques marseillais, Jean-Claude Gaudin, maire UMP de Marseille, Michel Vauzelle, président PS de la Région, et Jean-Noël Guérini, président PS du Conseil général, en ont appelé à François Hollande.

Dans une lettre datée de jeudi, ils lui demandent de prendre l'ensemble des dispositions assurant "le soutien de l'Etat à une entreprise symbolique qui fait vivre plus de 2.000 familles, afin de garantir emplois, investissements et activité".

Pierre Dharréville, secrétaire départemental du PCF, estime pour sa part que l'accord entre l'Etat et Veolia est "un plan de sabordage".

"Nous refusons, alors que les besoins existent plus que jamais, que l'on réduise la voilure pour faire de la place aux compagnies rentières du privé qui captent des aides publiques tout en pratiquant le dumping social et le contournement fiscal", écrit-il dans un communiqué.

Les députés français ont décidé le 12 juin de créer une commission d'enquête sur les conditions de privatisation de la SNCM, qui a encore perdu 12 millions d'euros en 2012.

Gérard Bon, édité par Sophie Louet

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