20 juin 2013 / 06:24 / il y a 4 ans

Ben Bernanke prévoit une baisse du "QE3" en cours d'année

Le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke a déclaré mercredi que la banque centrale américaine pourrait commencer à revoir à la baisse son programme de rachats d'actifs plus tard dans l'année avant d'y mettre un terme vers la mi-2014, des déclarations qui ont pesé aussi bien sur Wall Street que sur le marché obligataire. /Photo prise le 19 juin 2013/Jason Reed

par Alister Bull et Pedro da Costa

WASHINGTON (Reuters) - Le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke a déclaré mercredi que la banque centrale américaine pourrait commencer à revoir à la baisse son programme de rachats d'actifs plus tard dans l'année avant d'y mettre un terme vers la mi-2014, des déclarations qui ont pesé aussi bien sur Wall Street que sur le marché obligataire.

Auparavant, à l'issue d'une réunion de politique monétaire étalée sur deux jours, la Fed avait dit qu'elle maintenait sa politique monétaire ultra-accommodante conjuguant des taux d'intérêt proches de zéro et des rachats d'actifs obligataires massifs.

Comme ce qui était redouté par les investisseurs, Ben Bernanke, lors de la conférence qui a suivi l'annonce de la décision, a précisé le calendrier prévisible de retrait progressif des mesures de soutien de la banque centrale américaine; il avait déjà dit il y a un mois qu'une telle perspective ne saurait tarder.

"Le comité (de politique monétaire) estime à ce stade qu'il ferait bien de modérer le rythme des rachats d'actifs plus tard dans l'année", a-t-il dit.

"Et si les prochaines données macro-économiques continuent de correspondre à nos attentes actuelles pour l'économie, nous continuerons de réduire le rythme de nos rachats (...) au cours de la première moitié de l'année prochaine, avant une fin de rachats vers la mi-2014."

À dix minutes de la clôture de Wall Street, l'indice Dow Jones perdait plus de 1% alors qu'il n'était qu'en léger repli avant la conférence de presse de Ben Bernanke tandis que le rendement des obligations souveraines à 10 ans - référence du marché - évoluait à un plus haut de 14 mois.

DIMINUTION DES RISQUES BAISSIERS

Dans son communiqué publié à l'issue sa réunion de politique monétaire, la Fed a pris acte d'une diminution des risques baissiers pesant sur les perspectives de l'économie américaine mais elle note que le taux de chômage demeure trop élevé.

"Le comité (de politique monétaire) observe que les risques baissiers sur les perspectives de l'économie et du marché du travail ont diminué depuis l'automne", dit le communiqué.

Il réaffirme parallèlement que la Fed ne relèvera pas ses taux d'intérêt avant que le taux de chômage soit revenu à 6,5% ou en dessous de ce seuil, à condition que l'inflation demeure inférieure à 2,5%. Le taux de chômage était de 7,6% en mai.

Ben Bernanke a même précisé qu'un taux de chômage revenu à 6,5% n'entraînerait pas automatiquement de hausse des taux. Les économistes pensent que la Fed ne touchera pas à ses taux avant 2015.

Dans ses nouvelles prévisions économiques, la banque centrale estime que le taux de chômage devrait se situer en moyenne entre 7,2% et 7,3% à la fin de cette année, entre 6,5% et 6,8% au quatrième trimestre 2014 et entre 5,8% et 6,2% fin 2015.

Elle a aussi revu à la baisse ses prévisions d'inflation: l'indice des prix PCE, son instrument privilégié de mesure de l'évolution des pressions inflationnistes, ne devrait en effet augmentera que de 0,8 à 1,2% en 2013. Sa progression devrait toutefois s'accélérer l'an prochain pour atteindre 1,4% à 2,0%, puis en 2015, entre 1,6% et 2,0%.

La croissance, elle, est attendue entre 2,3% et 2,6% cette année, entre 3,0% et 3,5% l'année prochaine et entre 2,9% et 3,6% en 2015.

INFLATION SOUS L'OBJECTIF DE LA FED

La Fed avait porté en décembre son programme de rachats d'actifs à 85 milliards d'euros par mois : 45 milliards d'emprunts du Trésor et 40 milliards de dollars d'obligations adossées à des créances hypothécaires (MBS).

Cette injection massive de liquidités dans le système, conjuguée avec les politiques monétaires également accommodantes mises en place par la Banque du Japon et la Banque centrale européenne (BCE), est le principal, sinon le seul, facteur de hausse des Bourses depuis le début de l'année.

Mais l'élan de Wall Street, qui avait enchaîné les records peu avant, a été brisé le 22 mai, lorsque Ben Bernanke, président de la Fed, a déclaré que la banque centrale américaine pourrait réduire le rythme de l'assouplissement quantitatif au cours de l'une des "prochaines" réunions.

Depuis cette date, chaque indicateur macroéconomique meilleur que prévu est presque accueilli comme une mauvaise nouvelle, les investisseurs redoutant de voir se rapprocher le point à partir duquel la Fed estimera qu'il est légitime de lever le pied en matière d'achats de dette.

Depuis la dernière réunion de la Fed, en mai, le marché du travail a continué de s'améliorer à un rythme modéré, la conjoncture immobilière a continué de s'éclaircir à grands pas et la consommation des ménages a résisté à une plus forte pression fiscale et à une baisse des dépenses publiques.

En revanche, l'inflation a encore ralenti, se retrouvant désormais à un niveau nettement en-deçà de l'objectif de 2% retenu par la Fed.

D'après cette dernière, cette évolution est en partie le fait de phénomènes temporaires. Dans son communiqué mercredi, elle ajoute que les anticipations en matière d'inflation sur le long terme sont stables.

Il y a une dizaine de jours, une enquête Reuters a montré que la plupart des économistes s'attendent à ce que la Réserve fédérale réduise avant la fin de l'année le montant de ses achats de titres sur les marchés.

Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Marc Angrand

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