Le G8 s'engage contre la fraude fiscale, peu d'actions concrètes

mardi 18 juin 2013 21h32
 

ENNISKILLEN, Irlande du Nord (Reuters) - Le groupe des huit pays les plus industrialisés s'est engagé mardi à renforcer la lutte contre le blanchiment d'argent et la fraude fiscale mais n'a annoncé que peu de mesures concrètes en ce sens.

A l'issue d'un sommet de deux jours à Enniskillen, en Irlande du Nord, les dirigeants du G8 se sont mis d'accord sur une liste d'objectifs, notamment sur une plus grande transparence concernant les sociétés-écrans et sur le renforcement des échanges automatiques d'informations entre les services fiscaux des différents pays.

Les Huit demandent aussi que les entreprises acceptent de fournir au fisc plus d'informations sur leurs bénéfices.

Mais le communiqué final ne contient aucun engagement ferme en vue de créer un registre des véritables propriétaires des entreprises, qui serait mis à la disposition de la justice et des services fiscaux. C'est pourtant ce qu'aurait voulu la Grande-Bretagne, hôte de ce sommet.

Le G8 a accompli "un grand pas" dans la lutte contre la fraude fiscale et a adressé un message dissuasif aux évadés fiscaux, a toutefois estimé François Hollande.

"C'était un signe qui était attendu, parce que si nous voulons avoir la maîtrise de nos finances publiques, la méthode la plus simple c'est de faire payer l'impôt par ceux qui aujourd'hui s'y refusent, s'y soustraient", a poursuivi le président français.

Il a toutefois reconnu que les huit chefs d'Etat et de gouvernement auraient "voulu aller encore plus loin, notamment pour tout ce qui concernait les sociétés multinationales, les registres qui pouvaient être publiés".

SCEPTICISME

Les Etats-Unis se sont engagés à lutter contre le recours frauduleux aux sociétés-écrans mais n'ont toujours pas pris de mesures concrètes à ce sujet. Dans certains Etats comme le Delaware, le problème est patent et a été soulevé par des défenseurs de la transparence financière.   Suite...

 
Au sommet du G8, à Enniskillen, les Etats-Unis se sont engagés mardi à oeuvrer en faveur d'un cadre juridique strict permettant de lutter contre le recours abusif aux sociétés écrans mais ils n'ont adopté pour l'instant aucune mesure concrète contre cette pratique, largement utilisée à de juin s fins d'évasion fiscale. /Photo prise le 18 juin 2013/REUTERS/Yves Herman