Ajustement partiel de l'emploi dans les entreprises françaises

vendredi 14 juin 2013 19h14
 

PARIS (Reuters) - L'investissement et les effectifs des entreprises ne se sont que partiellement ajustés à la baisse de l'activité depuis le début de la crise, ce qui n'est pas sans risque pour l'économie française si la croissance ne revient pas, estime la Société générale.

Dans une étude publiée vendredi, Benoît Heitz, économiste de la banque, souligne que ce "désajustement" a eu jusqu'ici pour contrepartie un soutien au revenu des ménages et donc à leur consommation, mais que sa correction rapide pourrait provoquer une baisse marquée de l'investissement privé et de l'emploi.

Il part du constat que la dégradation continue de la balance des comptes courants de la France, passée d'un excédent de 35 milliards d'euros en 1999 à un déficit de 42 milliards en 2012, tient pour l'essentiel à celle de son solde commercial mais qu'elle peut s'analyser aussi par une baisse de la capacité de financement de l'économie nationale.

Concrètement, les besoins de financement des entreprises et des administrations publiques, sur fond de baisse du taux d'autofinancement des premières et de gonflement des déficits des secondes, ont connu sur la période une forte hausse qui n'a été que partiellement compensée par la progression de l'épargne des ménages et des sociétés financières.

Sur les années d'avant-crise (1999-2008), la dégradation des finances publiques a contribué pour 40 milliards à celle de la balance courantes (72 milliards), évalue l'économiste.

Il fait état parallèlement d'une forte hausse du taux d'investissement des entreprises rapporté à leur valeur ajoutée à partir de 2004 et partant, de leur besoin de financement qui est passé de 11 milliards en 2003 à 58 milliards en 2008.

Pendant la crise de 2009-2010, le déficit des administrations publiques s'est envolé jusqu'à 6,4% du PIB mais la hausse de leur besoin de financement a été compensée par la baisse de celle des autres acteurs : les ménages ont augmenté leur taux d'épargne, les entreprises ont coupé dans leurs investissements et réduit leurs stocks.

EFFET DE CISEAU

Depuis, le solde des paiements courants s'est de nouveau détérioré, affichant un déficit record de 49 milliards en 2011 pour revenir à 42 milliards en 2012 du fait pour l'essentiel d'une nette dégradation de la situation des entreprises, pendant que les finances publiques entament leur assainissement.   Suite...

 
L'investissement et les effectifs des entreprises ne se sont que partiellement ajustés à la baisse de l'activité depuis le début de la crise, ce qui n'est pas sans risque pour l'économie française si la croissance ne revient pas, selon une étude de la Société générale. Ce "désajustement" a eu jusqu'ici pour contrepartie un soutien au revenu des ménages et donc à leur consommation, mais sa correction rapide pourrait provoquer une baisse marquée de l'investissement privé et de l'emploi. /Photo d'archives/REUTERS/Régis Duvignau