L'Argentine fait de nouveau fuir les investisseurs

jeudi 13 juin 2013 18h30
 

par Brian Winter

BUENOS AIRES (Reuters) - Plus d'une décennie après la crise financière argentine de 2001-2002, les investisseurs étrangers se détournent de nouveau de la troisième économie d'Amérique latine, lassés par la politique économique de plus en plus rigide de Buenos Aires et effrayés par la menace d'une nouvelle crise majeure.

La présidente Cristina Fernandez, qui avait déjà déstabilisé le secteur privé en 2008 en ponctionnant des fonds de pension pour alléger la dette publique, a instauré un strict contrôle des prix; parallèlement, la banque centrale a mis en oeuvre un contrôle des changes qui a provoqué une ruée vers le dollar.

Sur le marché noir, le taux de change de la monnaie argentine est désormais supérieur de 60% au niveau de 5,3 pesos pour un dollar officiellement fixé face à la devise américaine.

A ceci s'ajoute une inflation de 25% et l'absence de l'Argentine des marchés de capitaux, dont elle est exclue depuis qu'elle a fait défaut sur l'équivalent de 75 milliards d'euros lors de l'effondrement financier de 2001-2002.

Dans ce contexte, le Brésil et la Chine, les deux principaux partenaires avec lesquels Buenos Aires conservait encore des relations économiques d'ampleur, reviennent peu à peu sur leurs projets d'investissements en Argentine.

En mars, le brésilien Vale, premier producteur mondial de minerai de fer, a annulé un investissement de 4,5 milliards d'euros dans une nouvelle mine de potasse en Argentine, ce qui a tendu les relations diplomatiques entre Buenos Aires et Brasilia.

Vale, un groupe certes privé mais sur lequel le gouvernement brésilien exerce une grande influence, a été découragé par l'écart entre les taux de change officiel et réel, qui l'aurait forcé à assumer des coûts en dollars très supérieurs aux bénéfices enregistrés sur place.

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Dans une usine à Buenos Aires. Lassés par une politique économique de plus en plus rigide et effrayés par la menace d'une nouvelle crise majeure en Argentine, les investisseurs étrangers se détournent de nouveau de la troisième économie d'Amérique latine. /Photo d'archives/REUTERS/Martin Acosta