13 juin 2013 / 10:33 / il y a 4 ans

Pierre Gattaz seul en lice pour la présidence du Medef

Pierre Gattaz (au centre) reste le seul candidat à la succession de Laurence Parisot à la tête du Medef à la suite du ralliement de ses deux rivaux Geoffroy Roux de Bézieux (à gauche) et Patrick Bernasconi, qui deviendront vice-présidents de l'organisation patronale. /Photo prise le 13 juin 2013/REUTERS/Charles Platiau

par Marine Pennetier

PARIS (Reuters) - Pierre Gattaz reste le seul candidat à la succession de Laurence Parisot à la tête du Medef après le ralliement de ses deux rivaux, Geoffroy Roux de Bézieux et Patrick Bernasconi, au nom de l‘unité du patronat français avant des échéances cruciales.

Les trois candidats ont officialisé cet accord jeudi, dix jours après un vote au conseil exécutif du Medef qui s‘était pourtant prononcé, à la surprise générale, en faveur de Geoffroy Roux de Bézieux (19 voix contre 18 pour Pierre Gattaz).

A 53 ans, le président de Radiall devrait donc succéder le 3 juillet prochain, à l‘issue du vote des membres de l‘Assemblée générale, à la présidente sortante Laurence Parisot, arrivée au terme de ses deux mandats.

Geoffroy Roux de Bézieux, patron d‘Omea Telecom, devrait être nommé vice-président délégué et trésorier, chargé de l‘économie, de la fiscalité, de l‘innovation, et du numérique.

Patrick Bernasconi, président de la Fédération nationale des travaux public (FNTP), devrait devenir vice-président délégué chargé des mandats, ainsi que des branches et des territoires.

“On partage les mêmes valeurs, les mêmes convictions, ce n‘était pas la peine d‘aller plus loin dans la campagne, de s‘écharper ou de se battre alors que le pays et les entreprises attendent une unité”, a expliqué Pierre Gattaz lors d‘une conférence de presse à Paris.

“On a écouté le terrain et je crois que c‘est très bien”, a-t-il ajouté avant de confirmer son intention de ne briguer qu‘un seul mandat de cinq ans à la tête de son “équipe”.

Issu de la puissante Union des industries et des métiers de la métallurgie qui en avait fait son favori (UIMM), Pierre Gattaz incarne une partie du patronat français tentée par une approche plus radicale du dialogue social et des relations avec un pouvoir de gauche.

“On m‘a beaucoup reproché le ‘Medef de combat’ mais c‘est un Medef de combat pour l‘entreprise, pour l‘emploi et contre le chômage (...) toujours dans un souci de respect, d‘écoute, de dialogue social, de terrain”, a-t-il souligné jeudi. “On ne peut pas garder les entreprises en France, être exportateurs, faire de l‘innovation avec un mauvais dialogue social.”

“PETIT SCHRÖDER”

Son père, Yvon Gattaz, avait porté le fer contre le gouvernement socialiste de François Mitterrand lorsqu‘il avait dirigé le CNPF, ancêtre du Medef, de 1981 à 1986.

D‘ici l‘élection du 3 juillet, l‘équipe sortante de Laurence Parisot participera à la conférence sociale sur l‘emploi qui se tient les 20 et 21 juin sur fond de récession et de hausse du chômage.

“C‘est l‘équipe aujourd‘hui en place autour de Laurence qui va être aux manettes et nous serons informés des tenants et des aboutissements de ce sommet social, la passation du pouvoir se fera très bien”, a assuré Pierre Gattaz.

La fiscalité, la compétitivité, la simplification et la flexisécurité ainsi que l‘ensemble des grandes négociations sociales sur la retraite et l‘assurance chômage feront parties de priorités de la nouvelle équipe, a-t-il indiqué.

“Aujourd‘hui, il y a une inflexion qui est assez intéressante, cette inflexion vers une social-démocratie nous intéresse beaucoup parce que c‘est ce qu‘a fait (l‘ancien chancelier allemand Gerhard) Schröder à une époque et je pense que le Medef que nous souhaitons incarner devra pousser encore plus” vers cette voie, a-t-il dit.

“Il y a une inflexion mais elle est timide”, a renchéri Geoffroy Roux de Bézieux, dénonçant “l‘attitude du gouvernement, l‘absence de cap clair, le zig et le zag”.

“C‘est un petit Schröder, à l‘eau tiède, il faut aller beaucoup plus vite, ce n‘est pas un message contre le gouvernement c‘est un signal d‘alerte: faites plus vite, faites mieux, faites plus fort sinon on va droit dans le mur”.

Avec Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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