Rémy Cointreau s'attend à un premier semestre "médiocre"

mardi 11 juin 2013 14h08
 

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Rémy Cointreau anticipe un "médiocre" premier semestre 2013-2014 en raison du ralentissement de ses ventes de cognac en Chine, principal moteur de croissance et de rentabilité du groupe de spiritueux.

Comme Pernod Ricard, le numéro deux français du secteur est touché par un tassement de la consommation, lié au ralentissement économique du pays et aux mesures anti-corruption prises par les autorités de Pékin.

"Nous attendons un premier semestre médiocre, car les stocks sont élevés après le nouvel an chinois. Nous allons freiner nos exportations vers la Chine", a déclaré mardi Jean-Marie Laborde, directeur général de Rémy Cointreau, lors d'une conférence consacrée aux résultats annuels du groupe.

La croissance a fortement ralenti dans les circuits traditionnels (banquets, établissements fréquentés par les personnes d'âge mûr), où les eaux-de-vies les plus chères et les plus rentables ne coulent plus à flot.

À l'inverse, la consommation reste dynamique, selon Jean-Marie Laborde, dans les clubs prisés des jeunes générations, qui représentent les plus gros volumes vendus par le groupe en Chine mais qui sont moins rentables.

"Cette nouvelle politique en Chine pénalise surtout les variétés haut de gamme (XO), ce qui devrait ralentir la progression du mix-prix cette année", commentent les analystes de Liberum Capital.

Cette prévision pèse sur le titre Rémy Cointreau, qui limite cependant sa baisse à 0,8% à 86,05 euros à la Bourse de Paris, dans un marché en repli de 1,9%.

Jean-Marie Laborde a tenu à préciser n'avoir "aucune inquiétude" sur l'avenir du cognac en Chine, où le ralentissement est selon lui purement conjoncturel.   Suite...

 
Jean-Marie Laborde, directeur général de Rémy Cointreau. Le propriétaire du cognac Rémy Martin, du rhum Mount Gay et de la liqueur Cointreau a annoncé des résultats annuels en nette hausse, portés par ses performances dans le cognac, le résultat opérationnel courant 2012-2013 clos en mars progressant de 18% à 245,4 millions d'euros. /Photo prise le 10 janvier 2012/REUTERS/Philippe Wojazer