La faiblesse des rentrées fiscales pénalise le budget

vendredi 7 juin 2013 18h34
 

PARIS (Reuters) - Avec des dépenses en hausse de plus de 5% et des recettes stables, l'exécution du budget de l'Etat français à fin avril augure mal de l'atteinte des objectifs de baisse du déficit, même si celui de 2013 n'a plus de caractère contraignant après le sursis accordé à Paris par la Commission européenne.

Selon des données publiées vendredi par le ministère du Budget, le déficit du budget de l'Etat s'est creusé à 66,8 milliards d'euros sur les quatre premiers mois de l'année contre 59,9 milliards un an plus tôt à la même période.

Des éléments non récurrents expliquent en partie cet écart : une recette exceptionnelle de 2,6 milliards d'euros début 2012 sur l'attribution des licences de téléphonie mobile "4G" et, côté dépenses cette année, la contribution de la France à une augmentation de capital de la Banque européenne d'investissement pour 1,6 milliard d'euros et une dotation de 3,3 milliards au Mécanisme européen de stabilité.

Mais il s'explique aussi par la faiblesse des rentrées fiscales, quasi stables par rapport aux quatre premiers mois de 2012 (90,8 milliards contre 91,0 milliards) du fait de la contraction de l'économie alors que, dans le même temps, les dépenses ont progressé de 5,1%, à 140,5 milliards.

Les économistes sont toujours prudents pour commenter l'exécution budgétaire au mois le mois, au vu des nombreux éléments qui peuvent temporairement l'affecter.

Denis Ferrand, directeur général de l'institut COE Rexecode, souligne cependant, à la lecture des derniers chiffres, que les objectifs budgétaires de l'Etat pour 2013 "paraissent s'éloigner mois après mois".

"Les recettes fiscales s'avèrent très en retrait des cibles de la Loi de Finances initiale pour 2013. La trajectoire de réduction du déficit public, déjà infléchie par rapport aux objectifs initiaux, s'en trouve fragilisée. La progression des dépenses est en revanche en ligne avec les objectifs", écrit-il dans un commentaire.

De fait, les recettes purement fiscales de l'Etat, qui représentent environ un tiers de l'ensemble des prélèvements obligatoires, progressent de seulement 451 millions d'euros (+ 0,5% à périmètre courant) sur quatre mois.

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Le déficit du budget de l'Etat français à fin avril s'est creusé à 66,8 milliards d'euros contre 59,9 milliards un an plus tôt à la même période, selon les données publiées vendredi par le ministère du Budget. /Photo d'archives/REUTERS/Dado Ruvic