La BCE maintient ses taux et attend une reprise graduelle

jeudi 6 juin 2013 17h08
 

par Sakari Suoninen

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne a laissé sa politique monétaire inchangée jeudi, maintenant son principal taux directeur à 0,5%, en expliquant que l'amélioration récente des indicateurs économiques confortait sa prévision d'une reprise graduelle d'ici la fin de l'année.

Son président Mario Draghi a déclaré, lors d'une conférence de presse, que le maintien d'une politique monétaire accommodante et le redressement des marchés financiers "devraient contribuer à soutenir les perspectives d'une reprise économique dans le courant de l'année". Et il a assuré que la politique de la BCE resterait accommodante aussi longtemps que nécessaire.

Il a ajouté que la BCE continuait d'étudier les moyens à sa disposition pour soutenir le crédit aux petites et moyennes entreprises (PME) et relancer le marchés des titres adossés à des créances (ABS), des instruments financiers qui permettent aux banques de réduire leur exposition au risque de crédit, donc de prêter plus facilement.

Mais Mario Draghi a reconnu qu'il ne fallait pas s'attendre à des mesures concrètes en la matière "à court terme".

Les services de la banque centrale (Eurosystème) ont revu à la baisse leurs prévisions économiques pour la zone euro cette année et tablent désormais sur une contraction de 0,6% du produit intérieur brut (PIB) des Dix-Sept, avant une croissance de 1,1% l'an prochain.

L'inflation, elle, devrait tomber à 1,4% cette année et même à 1,3% en 2014, donc nettement sous l'objectif d'un niveau "inférieur à mais proche de 2%" que s'est fixé la BCE.

Mario Draghi a expliqué que le Conseil des gouverneurs avait évoqué la possibilité d'un taux négatif de rémunération des dépôts des banques. Une mesure exceptionnelle censée elle aussi favoriser le crédit et à laquelle la BCE est techniquement prête mais qu'elle n'est pas disposée à utiliser "pour le moment".

Prié de préciser si cette position faisait l'unanimité au sein du Conseil, Mario Draghi a expliqué qu'il existait un consensus sur le fait qu'"il n'y a pas de changement de direction qui justifierait une action immédiate". Dans le passé, il a fait référence à un consensus pour évoquer une large majorité, pas forcément l'unanimité.   Suite...

 
Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, à Francfort. La BCE a maintenu son principal taux directeur à 0,5%, en expliquant que l'amélioration récente des indicateurs économiques confortait sa prévision d'une reprise graduelle d'ici la fin de l'année. /Photo prise le 6 juin 2013/REUTERS/Ralph Orlowski