La CE prône les réformes en zone euro au nom de la croissance

mercredi 29 mai 2013 17h54
 

par Jan Strupczewski

BRUXELLES (Reuters) - La zone euro doit privilégier la réforme des marchés du travail et des services et elle peut se donner un peu plus de temps pour réduire son endettement, a annoncé mercredi la Commission européenne, prenant ainsi ses distances avec les politiques d'austérité.

Ce changement de ton intervient alors que la zone euro tente avec peine d'échapper à une deuxième année consécutive de récession et d'endiguer un chômage sans précédent.

Dans ses recommandations aux Etats membres, l'exécutif européen a insisté sur l'urgence d'agir tout en soulignant la nécessité de poursuivre l'assainissement des comptes publics.

"Les Etats membres doivent à présent redoubler d'effort sur les réformes structurelles en ayant en vue la compétitivité", a dit son président, José Manuel Barroso, lors d'une conférence donnée à l'occasion de la présentation des recommandations annuelles de la Commission.

"Nous devons réformer, et tout de suite. Le coût de l'inaction sera très élevé (...) La consolidation budgétaire est en cours et doit se poursuivre à une cadence qui reflète la situation de chaque pays".

Appliquant ce principe, la CE a accordé à la France et à l'Espagne, respectivement deuxième et quatrième économies de la zone euro, deux années de plus pour ramener leur déficit budgétaire en deçà du plafond de 3% du produit intérieur brut (PIB) fixé par l'UE.

Le taux de chômage dépasse 10% en France et risque bien d'augmenter encore, tandis qu'en Espagne il atteint 27% et culmine à plus de 57% chez les moins de 25 ans.

La France a dit qu'elle était d'accord avec les recommandations et de la Commission et qu'elle mènerait les réformes structurelles à son rythme.   Suite...

 
José Manuel Barroso, président de la Commission européenne. Prenant ses distances avec les politiques d'austérité, Bruxelles demande à la zone euro de privilégier la réforme des marchés du travail et des services tout en se donnant un peu plus de temps pour réduire son endettement. /Photo prise le 29 mai 2013/REUTERS/François Lenoir