Bruxelles accorde un délai à la France, mais veut des réformes

mercredi 29 mai 2013 18h37
 

BRUXELLES (Reuters) - La Commission européenne a comme prévu accordé mercredi deux ans de plus à la France, jusqu'en 2015, pour ramener son déficit sous les 3% du PIB tout en la pressant d'étayer l'assainissement de ses finances publiques par des réformes structurelles.

Parmi celles-ci, elle mentionne une baisse du coût du travail, une plus grande concurrence dans les secteurs des services et de l'énergie ou encore l'ouverture des professions réglementées, tous domaines où elle rejoint les recommandations déjà faites par d'autres organisations internationales.

Elle insiste aussi sur la nécessité que la réforme des retraites à venir s'attaque aux régimes spéciaux et ne se traduise pas par une hausse des cotisations des entreprises.

L'exécutif européen avait annoncé début mai son intention de proposer deux ans de plus à la France pour passer sous le seuil de 3% de déficit public afin de tenir compte de la conjoncture dégradée dans l'Union européenne.

Le nouvel échéancier présenté mercredi est un déficit à 3,9% du PIB en 2014 puis 2,8% en 2015.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a souligné que ce délai relevait d'une analyse économique cohérente avec celles d'organisations comme le FMI et l'OCDE, préoccupées par l'impact d'un consolidation budgétaire trop sévère dans l'environnement actuel.

Dans ses dernières prévisions pour la France, la Commission anticipe une contraction de l'activité de 0,1% cette année et une croissance de 0,9% l'an prochain, avec un déficit public 2013 de 3,7% qui passerait à 4,2% en 2014 à politique inchangée. Plus pessimiste, l'OCDE voit une récession de 0,3% en 2013.

"Le fait qu'on propose deux années de plus pour la correction du déficit n'est pas du tout une solution de facilité", a dit José Manuel Barroso lors d'un point de presse.

"DIAGNOSTIC PARTAGÉ"   Suite...

 
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Bruxelles a comme prévu donné deux ans de plus à la France pour réduire son déficit public sous les 3% du PIB, lui recommandant mercredi d'atteindre 2,8% fin 2015. /Photo prise le 29 mai 2013/REUTERS/François Lenoir