May 28, 2013 / 1:14 PM / 4 years ago

Christian Noyer juge la taxe sur les transactions est néfaste

3 MINUTES DE LECTURE

Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, s'est inquiété mardi de l'impact potentiellement négatif sur l'économie du projet de taxe sur les transactions financières s'il est limité à quelques pays européens. Le projet préparé par la Commission européenne en vue d'une mise en oeuvre en 2014 dans les onze pays, dont la France et l'Allemagne, qui en ont accepté le principe, "ne rapporterait rien du tout" s'il était appliqué tel quel, a-t-il dit. /Photo prise le 20 avril 2012/Yuri Gripas

PARIS (Reuters) - Le gouverneur de la Banque de France s'est inquiété mardi de l'impact potentiellement négatif sur l'économie du projet de taxe sur les transactions financières s'il est limité à quelques pays européens.

Christian Noyer, qui présentait le rapport annuel de l'institution, a dit en outre, comme avant lui Benoît Coeuré, membre français du directoire de la Banque centrale européenne, que la BCE était prête à travailler sur le sujet avec les Etats "pour les aider à calibrer quelque chose qui tienne la route."

Le projet préparé par la Commission européenne en vue d'une mise en œuvre en 2014 dans les onze pays, dont la France et l'Allemagne, qui en ont accepté le principe, "ne rapporterait rien du tout" s'il était appliqué tel quel, a-t-il dit.

Se faisant l'écho de craintes déjà exprimées par son homologue de la Bundesbank, Jens Weidmann, il a estimé qu'il aurait pour effet de "détruire" certains compartiments des marchés financiers, notamment celui des "repos" (ventes de titres accompagnées d'un engagement de rachats de ces mêmes titres à une date ultérieure), indispensable à la liquidité de marchés comme ceux de la dette.

Le renchérissement des coûts de transactions occasionné se répercutera alors sur les coûts de financement de l'économie réelle, posant à la BCE "un énorme problème de transmission" de sa politique monétaire.

Tel qu'il est calibré pour les transactions sur obligations et les dérivés qui servent à couvrir des positions, le projet de taxe "aurait pour effet soit d'entraîner une délocalisation de ces opérations (...) soit de renchérir très fortement, significativement les coûts de financement des Etats et des entreprises", a encore dit Christian Noyer.

Pour cette raison, il juge dans l'introduction du rapport annuel de la Banque de France que "la définition de l'assiette, des taux et du périmètre d'une éventuelle taxe sur les transactions financières sera cruciale pour éviter le risque de destruction de pans entiers de notre industrie financière, de délocalisation d'emplois ainsi que des effets gravement contre-productifs sur le financement de l'Etat et de l'économie".

Yann Le Guernigou, édité par Gilles Trequesser

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