Malgré les discours, l'austérité reste de mise dans l'UE

lundi 27 mai 2013 13h04
 

par Paul Taylor

PARIS (Reuters) - Malgré la confiance affichée par Paris dans sa fronde contre l'austérité et les propos récents de José Manuel Barroso, président de la Commission européenne sur les "limites" de ces politiques, les pays de la zone euro ne sont pas sur le point de changer drastiquement de stratégie pour adopter des mesures de relance.

Pierre Moscovici, ministre français de l'Economie et des Finances, s'est félicité fin avril du terrain gagné par "le climat anti-austérité" auprès de la communauté internationale, face aux critiques voilées de Berlin sur la réticence française à baisser les dépenses publiques.

Peu de temps auparavant, José Manuel Barroso, partisan de longue date de la rigueur budgétaire, avait estimé de manière inattendue que les politiques d'austérité avaient atteint leurs limites, même s'il avait souligné que ces mesures étaient "fondamentalement justes".

"Pour réussir, une politique ne doit pas seulement être bien conçue. Elle doit bénéficier aussi d'un minimum de soutien politique et social", avait-t-il dit.

Dans plusieurs pays de la zone euro, en particulier ceux qui appliquent depuis plusieurs années d'importantes baisses des dépenses publiques comme l'Irlande, la Grèce, l'Espagne ou l'Italie, de nombreux journaux ont immédiatement consacré leurs titres à "la fin de l'austérité".

Ce sentiment a été alimenté par la révélation d'erreurs de calcul dans une étude de référence de 2010 en faveur de l'austérité, rédigée par les économistes Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff.

ANNONCES "TROMPEUSES"

Dans l'ensemble, une partie de la presse européenne s'est un peu vite fait l'écho d'un retournement annoncé des économistes et des responsables européens contre l'austérité, alors que les propos de José Manuel Barroso ont rapidement été relativisés.   Suite...

 
Malgré la confiance affichée par Paris dans sa fronde contre l'austérité et les propos récents de José Manuel Barroso, président de la Commission européenne sur les "limites" de ces politiques, les pays de la zone euro ne sont pas sur le point de changer drastiquement de stratégie pour adopter des mesures de relance. /Photo d'archives/REUTERS/Thierry Roger