Le FMI risque lui aussi d'échapper à la France

jeudi 23 mai 2013 13h48
 

par Yves Clarisse

PARIS (Reuters) - La menace judiciaire qui plane sur Christine Lagarde risque de faire perdre à la France son dernier représentant à la tête d'une grande institution internationale, une situation qui contraste avec l'âge d'or qu'elle a connu dans le passé.

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) est arrivée jeudi à la Cour de justice de la République (CJR), où elle doit s'expliquer sur son rôle dans l'arbitrage rendu en faveur de l'homme d'affaires Bernard Tapie en 2007.

Elle en ressortira soit mise en examen, soit avec le statut intermédiaire de témoin assisté.

Pour l'instant, le Conseil d'administration du FMI garde sa confiance en l'ancienne ministre française de l'Economie, soulignant qu'elle n'a pas tiré personnellement profit de l'arbitrage privé choisi pour régler le litige judiciaire opposant Bernard Tapie au Crédit Lyonnais.

Le pouvoir socialiste continue pour l'instant à soutenir cette ancienne ministre de Nicolas Sarkozy.

"Mme Lagarde garde toute la confiance des autorités françaises dans ses fonctions à la tête du FMI", a ainsi déclaré dans Le Monde de mercredi le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici. "Je le redirai si nécessaire, par moi-même ou par l'intermédiaire du représentant de la France au board du Fonds."

Mais la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a émis des doutes jeudi sur la possibilité pour Christine Lagarde de se maintenir si elle était mise en examen.

"Objectivement, connaissant le FMI et le fonctionnement des instances de ce type, j'ai tendance à considérer que si elle était mise en examen, sans doute, on lui demanderait de quitter ses fonctions", a-t-elle déclaré sur BFM TV.   Suite...

 
Le siège du FMI à Washington. La menace judiciaire qui plane sur Christine Lagarde risque de faire perdre à la France son dernier représentant à la tête d'une grande institution internationale, une situation qui contraste avec l'âge d'or qu'elle a connu dans le passé. /Photo prise le 18 avril 2013/REUTERS/Yuri Gripas