François Hollande à "l'offensive" sur le front européen

jeudi 16 mai 2013 18h23
 

PARIS (Reuters) - François Hollande s'est porté jeudi à "l'offensive" sur le front européen en s'engageant, à l'unisson d'Angela Merkel, à donner corps à une union politique dans les deux ans avec le renfort d'un gouvernement économique de la zone euro.

Le chef de l'Etat, qui s'exprimait lors de la seconde conférence de presse de son quinquennat un an après son arrivée au pouvoir, a souhaité que le délai de deux ans accordé par Bruxelles pour la réduction du déficit public français à 3% du PIB soit l'occasion d'"un rebond", via le plan d'investissements sur dix ans que Jean-Marc Ayrault devra présenter en juin.

"Ce n'est pas un répit, c'est un rebond, une opportunité pour une reprise plus rapide en France et en Europe", a-t-il plaidé. "L'an II, ce doit être l'offensive".

Frappé par une désaffection sans précédent dans la Ve République à ce stade du mandat présidentiel, François Hollande a assuré prendre la mesure des doutes, de la "détresse", des Français dans un contexte de récession, mais il a réaffirmé sa foi en une inversion de la courbe du chômage d'ici fin 2013, un objectif que les économistes jugent intenable.

Soucieux de "vérité" à l'égard de l'opinion, il a toutefois concédé que "la bataille" ne se gagnerait pas sans croissance. Une croissance qu'il pronostique "nulle" en 2013, voulant "croire" à 1,2% en 2014.

LE COUPLE FRANCO-ALLEMAND "INDISPENSABLE"

"L'enjeu, c'est la croissance, c'est la sortie de la crise, c'est la fin de la récession", a-t-il souligné, défendant les "réformes essentielles" engagées depuis un an pour restaurer "la crédibilité budgétaire" du pays.

Jugeant durablement amorcée la "remise en ordre" de l'économie nationale, François Hollande a décliné son "offensive" à l'échelle de l'Union européenne, dont il a fait le point d'orgue de son discours liminaire alors que la majorité se fracture sur les enjeux européens et la relation avec Berlin.

Le président français a voulu rassurer sur la solidité du moteur franco-allemand, qui hoquète depuis un an, en faisant finalement écho aux propositions d'Angela Merkel sur l'Europe politique. Le couple franco-allemand, a-t-il dit, est "indispensable - je dis bien indispensable" à l'Europe.   Suite...

 
François Hollande, qui s'exprimait jeudi lors de la seconde conférence de presse de son quinquennat, s'est porté à "l'offensive" sur le front européen en s'engageant, à l'unisson d'Angela Merkel, à donner corps à une union politique dans les deux ans avec le renfort d'un gouvernement économique de la zone euro. /Photo prise le 16 mai 2013/REUTERS/Benoit Tessier