La BPI défend sa doctrine d'investissement

mercredi 15 mai 2013 16h28
 

PARIS (Reuters) - La Banque publique d'investissement (BPI) exclut d'intervenir seule au secours d'une entreprise en difficulté et n'investira qu'exceptionnellement dans un grand groupe français à des fins de protection de son capital, a déclaré mercredi son directeur général, Nicolas Dufourcq.

Auditionné par trois commissions de l'Assemblée nationale, il s'est défendu en outre des accusations lancées par Ségolène Royal, la vice-présidente de la BPI, sur les coûts d'installation de la nouvelle banque.

Réunissant les services d'Oseo, du Fonds stratégique d'investissement (FSI) et de CDC Entreprises, la BPI doit opérer sous ses propres couleurs à partir de début juin, une fois que les comités d'entreprise des trois établissements auront été consultés sur leur rapprochement.

Nicolas Dufourcq a indiqué que la BPI prévoyait d'investir sur la période 2013-2017 9,2 milliards d'euros en direct dans des entreprises et 2,7 milliards via des apports à des fonds d'investissement spécialisés.

Sur les 9,2 milliards en direct, 1,7 milliard est prévu pour le pôle PME, 0,5 milliard pour le capital risque et le pôle innovation, le reste, 7,0 milliards, devant être consacré aux grosses PME ou aux entreprises de taille intermédiaire.

Conçue pour remédier à l'insuffisance de fonds propres des entreprises françaises, la BPI ne s'interdit d'entrer au capital des grands groupes si celui-ci était sous pression, comme le FSI l'a fait dans Danone ou l'équipementier automobile Valeo.

Le plan stratégique présenté au deuxième semestre prévoira à ces fins la prise d'"un ticket très significatif, de plusieurs centaines de millions d'euros, dans une entreprise de très grande taille tous les ans, ou au minimum tous les 18 mois", a expliqué Nicolas Dufourcq.

Des divergences de vues se sont fait jour sur la nature "offensive" ou "défensive" des investissements de la BPI. Le directeur général s'est attiré les foudres de Ségolène Royal en déclarant que des dossiers comme les hauts-fourneaux de Florange (Moselle) ou la raffinerie normande de Petroplus, en voie de fermeture, n'étaient pas un "bon business" pour la banque.

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