Incertitudes sur l'évolution des cours des matières premières

mardi 14 mai 2013 17h47
 

par Valérie Parent

PARIS (Reuters) - Les matières premières vont continuer de "tanguer" dans les mois qui viennent, victimes des chocs qui perdurent sur plusieurs marchés - agricoles en particulier - et des déficiences de la gouvernance mondiale, estime l'économiste Philippe Chalmin, coordinateur de la 27e édition du rapport CyclOpe sur les marchés mondiaux.

Pour 2013, deux incertitudes majeures vont guider l'évolution des prix : l'évolution de la croissance économique en Chine et le climat dont les accidents ont en 2012 fait flamber les matières premières agricoles, grains et produits laitiers notamment.

"La crise de 2008 n'est pas terminée et ce serait presque l'heure du châtiment pour les pays 'avancés' pour tant de carences de la gouvernance internationale, pour tant de lacunes aussi des systèmes politiques nationaux", estime l'économiste dans son rapport de 770 pages, coécrit avec une soixantaine de spécialistes et dont le titre "Crises et châtiments" s'est inspiré cette année de Dostoïevski.

Le cycle de Doha de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a été un échec et la treizième édition de la conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) s'est déroulée l'an dernier dans l'indifférence générale, a-t-il rappelé mardi lors d'une conférence de presse.

Néanmoins, Philippe Chalmin se dit résolument optimiste pour la croissance chinoise avec une prévision de l'ordre de 9% cette année, dans le haut de la fourchette des pronostics, "un rebond que l'on retrouverait dans les prix des matières premières les plus influencées par la Chine, comme le cuivre et surtout le minerai de fer", prévoit-il.

Le marché des viandes pourrait profiter de "la faim considérable de viande en Chine", a renchéri Jean-Paul Simier, directeur des filières alimentaires à l'Agence économique de Bretagne.

Un peu plus de 300 millions de tonnes de viandes ont été produites dans le monde en 2012 et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) prévoit une hausse de 70% de la consommation mondiale de viande à l'horizon 2050, ce qui nécessitera la production d'un peu plus de 800 millions de tonnes de grains supplémentaires, a-t-il dit.

"La globalisation alimentaire n'existe pas", a toutefois pondéré François Luguenot, responsable de l'analyse des marchés pour le groupe coopératif InVivo, en soulignant notamment que les "interdits culturels" restent très présents dans de nombreux pays.   Suite...

 
Les matières premières vont continuer de "tanguer" dans les mois qui viennent, victimes des chocs qui perdurent sur plusieurs marchés - agricoles en particulier - et des déficiences de la gouvernance mondiale, estime l'économiste Philippe Chalmin. /Photo prise le 23 avril 2013/REUTERS/Mohamed Abd El Ghany