Paris et Berlin se donnent des gages européens

mardi 7 mai 2013 17h39
 

BERLIN/PARIS (Reuters) - Berlin et Paris ont provisoirement refermé mardi un chapitre délicat de leur relation en se donnant mutuellement des gages sur l'union bancaire et la poursuite des réformes en France malgré un délai de grâce dans la lutte contre les déficits.

Les ministres français et allemand des Finances, Pierre Moscovici et Wolfgang Schäuble, flanqués de leurs banquiers centraux, se sont réunis à Berlin après une période de tension alimentée par des attaques de personnalités socialistes contre l'austérité à tout-va qu'imposerait la chancelière à l'Europe.

Même si les autorités allemandes ont réagi par le silence à l'appel à la "confrontation" avec Berlin lancé par le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, et aux critiques sur "l'intransigeance égoïste" présumée d'Angela Merkel dans un projet de document du PS, le climat n'était pas au beau fixe.

Les deux pays ont démontré mardi qu'ils entendaient mettre un terme à cette séquence qui risquait de paralyser le couple franco-allemand et, partant, l'Union européenne dans un contexte difficile à l'approche des élections législatives allemandes.

François Hollande, qui évoquait lui-même la nécessité d'entretenir une "tension amicale" avec Angela Merkel, a déclaré mardi lors d'une conférence de presse que "nous avons toujours besoin d'un couple franco-allemand qui fasse le compromis".

Wolfgang Schäuble a illustré cette maxime en levant ses réticences à la mise en oeuvre rapide de l'union bancaire sur la base des traités existants.

Les dirigeants de l'Union européenne se sont mis d'accord en juin 2012 sur la création d'un superviseur unique pour la zone euro, sous l'égide de la Banque centrale européenne (BCE), et la mise en place d'un mécanisme de "résolution" destiné à gérer le démantèlement éventuel d'établissements en grande difficulté.

PAS DE "PARESSE" FRANÇAISE

En avril, le ministre allemand des Finances avait semé le doute sur ce projet crucial pour la stabilité de la zone euro en jugeant nécessaire une réforme des traités pour y parvenir, une manière d'exprimer les craintes de l'Allemagne de devoir participer au refinancement des banques en difficulté.   Suite...

 
Le président de la Bundesbank Jens Weidmann, le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, son homologue français Pierre Moscovici et le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer (de gauche à droite), à Berlin, pour le 25e anniversaire du Conseil économique et financier franco-allemand. Wolfgang Schäuble a paru s'engager mardi en faveur d'une mise en oeuvre rapide de l'union bancaire européenne sur la base des traités existants, notamment celui de Lisbonne, revenant ainsi sur des propos tenus le mois dernier. /Photo prise le 7 mai 2013/REUTERS/Tobias Schwarz