Enrico Letta croit à une croissance sans dette pour l'Italie

lundi 6 mai 2013 17h21
 

par Gavin Jones

ROME (Reuters) - L'Italie peut redresser son économie sans creuser davantage sa dette, a déclaré lundi Enrico Letta, dont le gouvernement de coalition, à peine formé, souffre déjà de tiraillements sur la question des finances publiques.

La troisième économie de la zone euro devrait connaître en 2013 une deuxième année consécutive de récession même si des statistiques publiées lundi ont offert une timide lueur d'espoir.

D'après l'Istat, l'institut national des statistiques, l'économie italienne devrait se contracter de 1,4% cette année, après -2,4% en 2012, et la reprise devrait être timide l'an prochain, avec une croissance de 0,7%.

Ce chiffre traduit tout de même une révision en forte baisse des prévisions d'activité puisque l'Istat anticipait en novembre une contraction de 0,5% pour 2013.

Le gouvernement prévoit, lui, une contraction de 1,3% pour 2013 et une croissance de 1,3% en 2014.

Nommé président du Conseil fin avril après deux mois de blocage politique en Italie, Enrico Letta dirige un gouvernement rassemblant la gauche et la droite au sein duquel se côtoient, d'une part, des tenants d'une politique de relance et d'allègement de la fiscalité et, d'autre part, des partisans d'un respect strict des engagements européens en matière de redressement des comptes publics.

"Il est possible de créer de la croissance sans accumuler de la dette. D'autres pays l'ont prouvé, je sais parfaitement que c'est difficile mais c'est l'objectif", a déclaré Enrico Letta à des journalistes à Milan, avant de s'envoler pour l'Espagne.

"Malheureusement, nous sommes un exemple concret qu'un accroissement de la dette ne signifie pas un renforcement de la croissance car durant toutes ces années, nous avons fabriqué beaucoup de dette sans croissance", a-t-il ajouté.   Suite...

 
L'économie italienne devrait se contracter de 1,4% cette année et la reprise devrait être timide l'an prochain. L'Istat, l'institut national des statistiques, avait dit en novembre prévoir une contraction de 0,5% pour 2013. /Photo d'archives/REUTERS/Tony Gentile