May 6, 2013 / 8:29 AM / 4 years ago

Enrico Letta croit à une croissance sans dette pour l'Italie

5 MINUTES DE LECTURE

L'économie italienne devrait se contracter de 1,4% cette année et la reprise devrait être timide l'an prochain. L'Istat, l'institut national des statistiques, avait dit en novembre prévoir une contraction de 0,5% pour 2013. /Photo d'archives/Tony Gentile

par Gavin Jones

ROME (Reuters) - L'Italie peut redresser son économie sans creuser davantage sa dette, a déclaré lundi Enrico Letta, dont le gouvernement de coalition, à peine formé, souffre déjà de tiraillements sur la question des finances publiques.

La troisième économie de la zone euro devrait connaître en 2013 une deuxième année consécutive de récession même si des statistiques publiées lundi ont offert une timide lueur d'espoir.

D'après l'Istat, l'institut national des statistiques, l'économie italienne devrait se contracter de 1,4% cette année, après -2,4% en 2012, et la reprise devrait être timide l'an prochain, avec une croissance de 0,7%.

Ce chiffre traduit tout de même une révision en forte baisse des prévisions d'activité puisque l'Istat anticipait en novembre une contraction de 0,5% pour 2013.

Le gouvernement prévoit, lui, une contraction de 1,3% pour 2013 et une croissance de 1,3% en 2014.

Nommé président du Conseil fin avril après deux mois de blocage politique en Italie, Enrico Letta dirige un gouvernement rassemblant la gauche et la droite au sein duquel se côtoient, d'une part, des tenants d'une politique de relance et d'allègement de la fiscalité et, d'autre part, des partisans d'un respect strict des engagements européens en matière de redressement des comptes publics.

"Il est possible de créer de la croissance sans accumuler de la dette. D'autres pays l'ont prouvé, je sais parfaitement que c'est difficile mais c'est l'objectif", a déclaré Enrico Letta à des journalistes à Milan, avant de s'envoler pour l'Espagne.

"Malheureusement, nous sommes un exemple concret qu'un accroissement de la dette ne signifie pas un renforcement de la croissance car durant toutes ces années, nous avons fabriqué beaucoup de dette sans croissance", a-t-il ajouté.

En à peine une semaine à la présidence du Conseil, Enrico Letta s'est déjà rendu à Berlin, à Bruxelles et à Paris pour réclamer de l'Union européenne une inflexion politique en faveur de la croissance, et plus seulement de l'austérité budgétaire.

"rêves"

Avant de rencontrer lundi à Madrid le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, Enrico Letta a qualifié l'Espagne, qui a l'un des taux de chômage les plus élevés de la zone euro, d'"allié naturel pour faire de l'Europe un continent portant son attention sur la croissance et les problèmes sociaux".

L'Italie est depuis 10 ans l'économie la moins dynamique de la zone euro et sa dette publique représentait 127% de son PIB en 2012.

D'après les statistiques publiées lundi par l'Istat, le chômage devrait continuer de monter en 2014 en Italie pour toucher 12,3% de la population active, contre un taux de 11,9% attendu cette année.

Tout en cherchant à convaincre ses partenaires européens, Enrico Letta doit aussi répondre aux revendications divergentes émanant de son propre gouvernement.

Ministre délégué à l'Economie, Stefano Fassina a jugé dimanche que l'Italie devrait pouvoir laisser filer son déficit en 2013 et bénéficier de deux années supplémentaires de la part de l'UE pour le ramener sous le seuil des 3% de PIB.

Membre du Parti démocrate d'Enrico Letta, Stefano Fassina s'est ainsi fait l'écho des appels similaires lancés par Silvio Berlusconi, chef de file de la droite. Il est en revanche allé à l'encontre des propos du ministre de l'Economie, Fabrizio Saccomanni, qui a exclu jeudi toute renégociation des objectifs budgétaires de l'Italie.

Le parlement italien issu des élections de février a commencé lundi à débattre des objectifs pluriannuels définis par Mario Monti, le prédécesseur d'Enrico Letta. Les parlementaires devraient demander au gouvernement d'assouplir son objectif de déficit budgétaire pour 2014, fixé à 1,8% du PIB.

Les détracteurs d'Enrico Letta lui reprochent de ne pas expliquer comment il financera ses promesses d'allègement des impôts et d'amélioration des prestations sociales. Le nouveau président du Conseil a répondu lundi que ses "rêves" étaient "nécessaires au milieu de la politique aride des chiffres".

Avec Giuseppe Fonte, Marc Angrand et Bertrand Boucey pour le service français

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