Le Canada vient défendre son pétrole en Europe

dimanche 5 mai 2013 15h28
 

par David Ljunggren

OTTAWA (Reuters) - Le projet européen de directive sur la qualité des carburants menace de classer le pétrole canadien parmi les carburants "sales", ce qui pourrait nuire aux intérêts d'Ottawa à l'exportation, a déclaré le ministre canadien des Ressources naturelles, Joe Oliver, avant d'entamer une tournée européenne consacrée au dossier.

Désireuse de réduire les émissions de gaz à effet de serre liées au transport de carburants, la Commission européenne a rédigé son projet de directive de telle manière que le pétrole extrait des sables bitumineux de l'Etat canadien d'Alberta serait classé comme plus polluant que le brut "classique".

Le Canada, dont le sous-sol renferme les troisièmes réserves mondiales de pétrole, s'oppose bien sûr fermement au projet.

Pour Joe Oliver, que son déplacement en Europe doit mener successivement à Paris, Bruxelles et Londres, la directive européenne doit être modifiée pour éviter toute discrimination nuisant au brut provenant des sables bitumineux.

"Nous pensons qu'il est capital d'aboutir à une telle alternative face aux propositions de la Commission, que nous considérons comme une approche faussée et inefficace", a-t-il dit à Reuters.

L'extraction du brut des sables bitumineux - principalement en Alberta - est plus gourmande en énergie que la production conventionnelle de brut, ce qui fait de ces sables l'une des principales cibles des défenseurs de l'environnement.

Ottawa argue du fait que la directive européenne pénaliserait le Canada tout en épargnant la Russie alors que celle-ci consomme et relâche à la fois du gaz naturel lorsqu'elle extrait du pétrole. Pour Joe Oliver, la production pétrolière russe produit au moins autant d'émissions que l'exploitation des sables bitumineux, sinon plus.

"Si on donne un laissez-passer à un gros émetteur qui se trouve être l'un des principaux exportateurs vers l'Union, comment atteindre les objectifs ?", souligne-t-il.   Suite...