Colony Capital assume son pari sur la France

vendredi 3 mai 2013 19h31
 

par Christian Plumb et Dominique Vidalon

PARIS (Reuters) - Le fond d'investissement américain Colony Capital voit des opportunités dans l'actuelle défiance des investisseurs envers l'économie française, a déclaré à Reuters son directeur général Thomas Barrack, lors d'une interview par téléphone.

Il compare l'inquiétude des entrepreneurs vis-à-vis du socialiste François Hollande à la panique qui avait accompagné les nationalisations du début de l'ère Mitterrand.

"Les craintes sur l'action de M. Hollande me rappellent exactement les craintes sur Mitterrand en 1981", dit-il. "Nous pensons que Hollande sera contraint de revenir plus au centre et que lorsque ce virage aura lieu, le bénéfice pour les entreprises qui sont prêtes à recapitaliser des sociétés saines et ayant besoin de fonds propres via une intervention financière sera significatif."

Colony va allouer en France, en Italie et en Espagne entre un et 1,5 milliard d'euros à des financements destinés à prendre le relais des banques qui ont déserté certains créneaux avec le durcissement des règles prévues par Bâle III. Environ 20% de son portefeuille de 27 milliards de dollars est domicilié en Europe, et 60% aux Etats-Unis.

"Le mur de centaines de milliards de dollars de financements, de besoins de recapitalisation, de prêts mezzanine (...) à un moment où tout le monde observe une croissance négative, des réductions de coûts, une consommation en berne, ce qui est actuellement l'environnement français, ce mur sera une formidable opportunité", fait valoir Thomas Barrack, qui a commencé à investir dans l'immobilier français il y a 30 ans.

"Ce sera le grand pari à contre-courant."

Colony n'est pas seul à tenir ce raisonnement. Beaucoup d'autres, comme CVC ou Rothschild, cherchent des opportunités d'investissement sur le terrain abandonné par les grands établissements bancaires.

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