La France, terre de méfiance pour le capital-investissement

lundi 29 avril 2013 18h57
 

par Christian Plumb et Anjuli Davies

PARIS/LONDRES (Reuters) - L'activité du capital-investissement en France, très vigoureuse avant la crise, tourne aujourd'hui au ralenti et la reprise ne semble pas pour bientôt compte tenu de la stagnation de l'économie et du manque d'actifs séduisants.

Les difficultés françaises reflètent une tendance constatée à l'échelle européenne dans un secteur où il est devenu beaucoup plus difficile de réaliser des opérations à effet de levier.

La France présente toutefois quelques caractéristiques spécifiques, avec des inquiétudes liées à l'évolution de la fiscalité et le sentiment que le pays est condamné à une croissance faible par opposition à une Allemagne où les transactions de capital-investissement ont doublé l'an passé.

"Lorsque vous allez devant votre comité d'investissement avec une opportunité en France, il se peut qu'elle fasse l'objet d'un examen approfondi à cause de ce qu'on lit dans les journaux et parce que les associés vous demandent : 'pourquoi investissez-vous mon argent en France?'", explique Jean-Michel Steg, ancien dirigeant du groupe américain Blackstone.

Les levées de fonds du capital-investissement ont reculé en France de 22% en 2012, en raison surtout d'une baisse des investissements étrangers, selon l'Association française des investisseurs pour la croissance (Afic).

"Les investisseurs étrangers, qui ont représenté plus de 50% des capitaux levés en 2011, ne totalisent plus que 30% de la collecte 2012", souligne dans son rapport annuel l'organisation, qui défend les intérêts des fonds d'investissement.

DIVERGENCES ENTRE VENDEURS ET ACHETEURS

Parmi les professionnels du capital-investissement, le sentiment vis-à-vis de la France est particulièrement négatif.   Suite...

 
L'activité du capital-investissement en France, très vigoureuse avant la crise, tourne aujourd'hui au ralenti et la reprise ne semble pas pour bientôt compte tenu de la stagnation de l'économie et du manque d'actifs séduisants. /Photo d'archives/REUTERS/Thierry Roge