Les actionnaires d'Accor dénoncent les fonds "prédateurs"

jeudi 25 avril 2013 19h27
 

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Des actionnaires et des salariés d'Accor ont accusé jeudi les fonds Colony Capital et Eurazeo de se comporter comme les propriétaires du groupe, des "prédateurs" pressés de réaliser une plus-value rapide au détriment du développement du numéro quatre mondial de l'hôtellerie.

Le trio provisoire placé à la tête d'Accor a essuyé moqueries et critiques lors d'une assemblée générale par moments houleuse organisée deux jours seulement après l'éviction du PDG Denis Hennequin, troisième patron remercié par le groupe en huit ans.

L'arrivée à la vice-présidence du conseil de Sébastien Bazin, directeur général de Colony Capital Europe, l'un des deux actionnaires de référence du groupe avec Eurazeo, a cristallisé la colère des syndicats et des petits porteurs qui y voient une mainmise accrue des deux fonds, qui ne détiennent à eux deux que 21,4% du capital.

Les actionnaires et des représentants des salariés se sont montrés sceptiques quant au bien-fondé de l'éviction de Denis Hennequin, censée permettre d'accélérer l'amélioration de la rentabilité du groupe hôtelier.

En Bourse, l'action Accor a repris 2,45% à 25,53 euros jeudi, après avoir perdu 4% lors des deux séances précédentes.

Philippe Citerne, devenu mardi le président non exécutif du conseil dont il était auparavant le vice-président, a salué le "travail remarquable" réalisé par Denis Hennequin, suscitant des rires parmi les actionnaires réunis dans un Novotel parisien.

Lorsqu'il a mentionné les "perspectives de développement de carrière" au sein d'Accor, un actionnaire a lancé : "Ah oui ! on les voit !"

"COUP D'ETAT"   Suite...

 
Le nouveau trio provisoire placé à la tête d'Accor, lors de l'assemblée générale du groupe, jeudi à Paris: le directeur général Yann Caillère, le président non exécutif du conseil Philippe Citerne et le vice-président du conseil Sébastien Bazin, directeur général de Colony Capital Europe (de gauche à droite). La mise en place de cette nouvelle organisation a suscité moqueries et critiques de la part d'actionnaires et de salariés sceptiques sur le bien-fondé de l'éviction du PDG Denis Hennequin. /Photo prise le 25 avril 2013/REUTERS/Jacky Naegelen