AG sous tension chez Accor après l'éviction du PDG

mercredi 24 avril 2013 17h16
 

par Cyril Altmeyer et Dominique Vidalon

PARIS (Reuters) - Accor se prépare à une assemblée générale mouvementée jeudi après avoir débarqué mardi soir son PDG Denis Hennequin pour le remplacer par un trio provisoire, plongeant dans une phase d'incertitudes un groupe qui a usé trois patrons en huit ans.

L'arrivée de Sébastien Bazin, directeur général de Colony Capital Europe, l'un des deux actionnaires de référence du groupe avec Eurazeo, attise la colère des syndicats et des petits porteurs qui y voient une mainmise accrue des deux fonds qui détiennent ensemble 21,4% du capital.

Le quatrième groupe hôtelier mondial, qui fut jadis numéro un, devrait accélérer sa stratégie dite "asset light", visant à réduire progressivement la part de ses hôtels en location et en propriété, afin de développer la part des franchises et des contrats de gestion moins gourmands en capitaux.

Exane BNP Paribas et Raymond James ont abaissé leurs recommandations sur Accor, s'étonnant de l'éviction du dirigeant deux mois à peine après l'annonce d'objectifs 2016 visant à accélérer cette stratégie.

"La prochaine étape pourrait être une véritable scission des actifs immobiliers (...) qui n'entraînerait qu'une création de valeur supplémentaire limitée comparé au plan 2016 et des incertitudes importantes, l'immobilier étant l'ADN d'Accor", estime Exane BNP Paribas.

Selon une source proche du groupe, la question d'une scission des actifs immobiliers n'a pas été discutée au conseil de mardi et "n'est pas d'actualité".

Le fonds Colony, spécialiste de l'immobilier, avait déjà tenté, en vain, une scission des actifs immobiliers de Carrefour dont il est également actionnaire.

A la Bourse de Paris, le marché sanctionne ces incertitudes. L'action Accor accuse la deuxième plus forte baisse du CAC vers 16h25, perdant 1,71% à 24,96 euros, portant son repli depuis le début de l'année à 6,7% après un gain de 36,3% en 2012.   Suite...

 
Accor se prépare à une assemblée générale mouvementée jeudi après avoir débarqué mardi soir son PDG Denis Hennequin (photo) pour le remplacer par un trio provisoire, plongeant dans une phase d'incertitudes un groupe qui a usé trois patrons en huit ans. /Photo prise le 27 mars 2013/REUTERS/Mal Langsdon