Léger mieux du secteur privé en zone euro, l'Allemagne inquiète

mardi 23 avril 2013 11h58
 

par Andy Bruce

LONDRES (Reuters) - Une forte baisse de l'activité du secteur privé en Allemagne a éclipsé en avril une atténuation de la contraction en France, faisant craindre pour l'ensemble de la zone euro, montrent mardi les résultats préliminaires des enquêtes de l'institut Markit auprès des directeurs d'achat.

L'indice PMI "flash" des services dans la zone euro, indicateur avancé de l'activité chaque mois, a progressé à 46,6 en avril contre 46,4 en mars, tout en restant sous la barre de 50 qui sépare contraction et expansion.

Ce chiffre est conforme aux attentes des économistes mais Markit se refuse à tout excès d'optimisme compte tenu de la baisse surprise des données allemandes.

"Auparavant, c'était l'Allemagne qui enregistrait une hausse de son activité alors que d'autres pays - en particulier la France, l'Italie et l'Espagne - étaient en recul", a relevé Chris Williamson, économiste en chef de Markit.

"Maintenant aux contractions à l'œuvre dans ces pays s'ajoute celle de la première puissance économique de la région, ce qui va forcément peser sur la croissance."

En France, le secteur privé avait enduré en mars son mois le plus difficile depuis la récession de 2009. En avril, l'indice PMI composite flash, qui combine l'industrie et les services, est nettement remonté (à 44,2 après 41,9) tout en restant nettement en deçà du seuil de 50. Et sa publication a coïncidé avec l'annonce d'une dégradation du climat des affaires calculé par l'Insee.

En Allemagne, l'indice PMI composite a reculé à 48,8 en version flash, sous les 50 pour la première fois depuis novembre, après 51,0 en mars.

Selon Chris Williamson, cette dégradation inattendue porte le risque d'une accélération de baisse d'activité dans la zone euro, dont le produit intérieur brut s'est contracté de 0,6% au dernier trimestre 2012 par rapport aux trois mois précédents.   Suite...

 
La contraction du secteur privé de la zone euro ne s'est pas aggravée en avril, le secteur des services connaissant même un léger mieux, mais cela ne veut pas dire pour autant que la fin de la récession est en vue. /Photo prise le 18 janvier 2013/REUTERS/Yves Herman