Sans reprise en Europe, Michelin devra restructurer

lundi 22 avril 2013 19h43
 

par Gilles Guillaume et Laurence Frost

PARIS (Reuters) - Michelin prévient qu'il devra restructurer ses activités en Europe si le marché du pneumatique, en baisse d'environ 10% pour les voitures au premier trimestre, ne s'améliore pas.

Le spécialiste du pneu, qui emploie environ 26.000 personnes en France, a fait état lundi soir d'une chute de 8,1% de ses ventes nettes lors des trois premiers mois de l'année. Le marché du pneu tourisme-camionnette a reculé de 11% pour la première monte, et de 9% pour le remplacement, tandis que le marché du pneumatique poids lourd première monte a reculé de 3%.

"Si les volumes demeurent aux niveaux actuels, cela impliquerait bien sûr certaines restructurations en Europe, c'est à l'examen, mais rien n'est encore décidé", a déclaré Marc Henry, directeur financier du groupe clermontois, au cours d'une téléconférence avec les analystes.

Il a ajouté que sur le segment des poids lourds, où le taux d'utilisation des usines est particulièrement bas, la question serait abordée entre avril et juillet.

Si Michelin observe un certain raffermissement de la demande en avril, la faiblesse du marché automobile européen l'a contraint à procéder à des baisses de prix au début de l'année. Le groupe, également confronté à un marché nord-américain moins vigoureux que prévu, a réalisé au premier trimestre un chiffre d'affaires de 4,877 milliards d'euros.

La baisse enregistrée reflète pour moitié (-4,3%) le recul des volumes, et pour l'autre un effet défavorable lié à la hausse de l'euro ainsi qu'un effet prix-mix en recul de 2,7%.

"L'effet prix, à hauteur de 133 millions d'euros, (...) combine l'effet des clauses contractuelles d'indexation et celui des repositionnements de prix ciblés opérés en Europe, et dans une moindre mesure, en Amérique du Nord", a commenté le groupe dans un communiqué.

Dans un marché automobile difficile dans les pays matures, Michelin a tiré l'an dernier son épingle du jeu grâce à son positionnement premium qui lui permet de mieux maintenir, voire d'augmenter, les tarifs de ses pneumatiques. Il s'attend désormais à un effet prix-mix négatif d'environ 300 millions d'euros sur l'ensemble de 2013.   Suite...

 
La faiblesse du marché automobile européen a contraint Michelin à procéder à des baisses de prix au début de l'année, contribuant à réduire de 8,1% les ventes nettes du groupe au premier trimestre. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé