April 20, 2013 / 7:34 AM / 4 years ago

Le G20 convient de ne pas fixer d'objectif rigide de dette

6 MINUTES DE LECTURE

Les ministres des Finances des pays du G20 ont déclaré vendredi qu'ils ne jugeaient pas nécessaire de fixer des objectifs fixes de réduction des dettes nationales et qu'ils seraient attentifs aux éventuels effets négatifs des politiques d'injection massive de liquidités. Le ministre russe des Finances Anton Siluanov a déclaré que les responsables du Groupe des Vingt avaient jugé plus important de s'entendre pour réduire globalement la dette que de fixer des objectifs chiffrés. /Photo prise le 19 avril 2013/Yuri Gripas

WASHINGTON (Reuters) - Les ministres des Finances du G20 se sont un peu écartés de la tendance à promouvoir l'austérité dans les pays riches, rejetant l'idée de fixer des objectifs rigides en matière de réduction de la dette face à une reprise mondiale poussive.

Le ministre russe des Finances Anton Siluanov a déclaré lors d'une conférence de presse que les responsables du Groupe des Vingt avaient jugé plus important de s'entendre pour réduire globalement la dette que de fixer des objectifs chiffrés.

"Nous avons convenu qu'il s'agirait de paramètres souples, des sortes d'objectifs stratégiques, des objectifs qui pourraient être amendés ou ajustés en fonction des situations spécifiques dans les économies nationales"', a-t-il dit.

Dans le communiqué publié à l'issue d'une réunion de deux jours, le G20 a également déclaré qu'il serait "attentif" aux retombées potentielles de la prolongation des politiques monétaires non conventionnelles de soutien à la croissance.

Les banques centrales ont inondé les économies avancées de liquidités dans le but de stimuler les marchés du crédit et les dépenses, ce qui soulève des craintes d'un afflux de capitaux vers les pays en développement risquant de doper leurs devises.

Le ministre russe a ajouté que le G20 avait jugé nécessaire de surveiller plus étroitement les retombées du plan de la Banque du Japon de racheter plus de 1.000 milliards d'euros de produits financiers sur les marchés d'ici deux ans.

Mais le ministre des Finances japonais a souligné que la baisse du yen n'était qu'une retombée de la politique du Japon, qui ne vise qu'à tenter de sortir le pays de la déflation.

"Dire que le yen faible est notre objectif est une grossière erreur", a déclaré Taro Aso. "Le grand D - déflation- est trop persistant et difficile à contrer. En fin de compte une économie du Japon en contraction ne peut que faire du tort au monde."

Avancer Vers L'union Bancaire

Tokyo ne fait qu'emboîter le pas à la Réserve fédérale des Etats-Unis dont la politique d'assouplissement quantitatif se poursuit au rythme de 85 milliards de dollars par mois, et à la Banque centrale européenne qui a prêté plus de 1.000 milliards d'euros aux banques de la zone euro fin 2011 et début 2012.

Les ministres du G20 ont également appelé les dirigeants de la zone euro a avancer rapidement vers une union bancaire afin de contribuer à la relance de l'économie de la région.

Mais Berlin a réaffirmé qu'il faudrait une réforme du traité européen de Lisbonne pour mettre en place l'union européenne.

Les discussions du G20 ont été dominées par la zone euro, a dit Anton Siluanov, dont les économies, soumises à de sévères plans d'austérité, n'arrivent pas à sortir du marasme.

Certains pays du G20 se sont d'ailleurs inquiétés de la focalisation de la réunion sur les problèmes de la zone euro.

"C'était censé être une réunion du G20 mais à un certain moment j'ai cru qu'il s'agissait d'une réunion du G7. Tout ce que nous avons entendu était à quel point l'Europe était malade et à quel point de nombreux pays dans le monde en étaient affectés", a dit le ministre des Finances indien P. Chidambaram.

Il y a eu quelques désaccords concernant la nécessité ou non de fixer des objectifs précis de réduction de la dette.

Les Etats-Unis et le Japon ont refusé de s'engager sur un ratio de dette/PIB. La Russie - qui préside de G20 cette année - - espérait pouvoir trouver un accord fixant des objectifs d'ici au sommet du G20 de Saint-Pétersbourg, en septembre.

Les grandes puissances remettent en cause les politiques d'austérité à l'oeuvre, des efforts d'assainissement budgétaire accusés désormais de plomber la croissance, notamment de la Grande-Bretagne qui affronte sa cinquième récession en cinq ans.

Peut-être Temps D'ajuster

Moins de deux mois après Moody's, Fitch a privé vendredi la Grande-Bretagne de la note de crédit suprême "triple A" en évoquant la détérioration des perspectives économiques et budgétaires du pays. L'agence de notation prévoit que la dette publique du pays culminera à 101% du PIB sur l'exercice 2015-2016, au lieu des 97% estimés auparavant.

Dans une interview à la BBC, la présidente du FMI Christine Lagarde a déclaré vendredi qu'il pourrait être temps que le Royaume-Uni envisage d'assouplir sa politique d'austérité étant donnée la faiblesse de son économie.

"Nous disons que tout en conservant cet ancrage fort sur le moyen terme pour la réduction des déficits budgétaires, le rythme doit être ajusté selon les circonstances et, étant donnée la faiblesse de la croissance que nous avons observé récemment (...), il est peut-être temps de l'envisager", a-t-elle dit.

En outre, une coordination plus étroite est nécessaire avec la Fonds monétaire international sur les fonds en circulation dans le monde, question sur laquelle des recommandations sont attendues d'ici juillet, a annoncé à la presse Anton Siluanov.

Les ministres des Finances du G20 ont également réaffirmé l'engagement des pays développés à mettre en place d'ici le mois de septembre des stratégies budgétaires à moyen terme.

"Les économies avancées vont développer des stratégies budgétaires à moyen terme d'ici au sommet de Saint-Pétersbourg" prévu en septembre, ont-ils déclaré dans le communiqué publié à l'issue de leurs discussions à Washington.

Ils réaffirmaient ainsi les déclarations faites à l'issue de la précédente réunion ministérielle du G20, en février dernier.

Les ministres ont par ailleurs appelé le Conseil de stabilité financière (FSB), organe de coordination des autorités financières du groupe, à superviser la réforme des taux interbancaires comme le Libor, à l'origine d'un scandale qui a éclaboussé certaines des plus grandes banques du monde. Un rapport sur l'avancée des travaux lui est demandé en juillet.

Jason Lange, avec la contribution de l'équipe de reportage de Reuters sur le G20, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Henri-Pierre André

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