Fitch prive à son tour la Grande-Bretagne de son "AAA"

vendredi 19 avril 2013 19h15
 

LONDRES (Reuters) - Moins de deux mois après Moody's, Fitch Ratings a privé vendredi la Grande-Bretagne de la note de crédit suprême "triple A" en soulignant la détérioration des perspectives économiques et budgétaires du pays.

L'agence a abaissé d'un échelon la note qu'elle attribue à la solvabilité du Royaume-Uni pour la ramener de "AAA" à "AA+" mais elle l'a assortie d'une perspective "stable", ce qui implique une probabilité de moins de 50% d'une nouvelle dégradation d'ici deux ans.

"En dépit de la perte de son statut 'AAA', le profil de crédit extrêmement solide du Royaume-Uni se reflète dans sa note 'AA+' et la perspective stable", écrit Fitch dans un communiqué.

L'agence de notation explique prévoir désormais que la dette publique britannique culminera à 101% du produit intérieur brut (PIB) sur l'exercice budgétaire 2015-2016 et qu'elle ne refluera qu'à partir de 2017-2018, alors qu'elle tablait auparavant sur un pic à 97% et un recul à partir de 2016-2017.

La livre sterling cédait du terrain face au dollar après l'annonce de la décision.

Celle-ci pourrait être embarrassante pour le gouvernement conservateur de David Cameron, qui avait promis de réduire le déficit public et de protéger le "triple A" en arrivant au pouvoir en 2010.

"C'est un rappel brutal du fait que le Royaume-Uni ne peut pas se contenter de fuir ses problèmes ou de refuser de s'attaquer aux dettes accumulées depuis une décennie", a déclaré un porte-parole du ministère des Finances.

L'AUSTÉRITÉ CONTESTÉE

"Fitch elle-même dit que 'l'engagement constant du gouvernement à réduire le déficit budgétaire' est l'une des principales raisons pour lesquelles la dette du Royaume-Uni a une perspective 'stable'."   Suite...

 
Fitch Ratings a abaissé la note souveraine de la Grande-Bretagne de AAA à AA+ en raison de la détérioration des perspectives économiques et budgétaires du pays. Moody's, l'une des deux autres grandes agences de notation, avait déjà abaissé la note de Londres d'un cran en février. /Photo d'archives/REUTERS/Cathal McNaughton