L'austérité et ses conséquences au centre des débats du G20

vendredi 19 avril 2013 11h40
 

par David Gaffen et Jan Strupczewski

WASHINGTON (Reuters) - Les pays du G20 réunis à Washington doivent débattre vendredi de deux questions délicates : les objectifs précis de réduction des dettes publiques et les risques potentiels liés aux politiques monétaires des grandes banques centrales, qui préoccupent les Etats émergents.

Les ministres des Finances et les banquiers centraux du groupe devraient aussi appeler ensemble à une refonte des taux d'intérêt interbancaires comme le Libor, à l'origine ces derniers mois d'un scandale qui a éclaboussé certaines des plus grandes banques du monde.

Mais cet ordre du jour officiel pourrait être bouleversé par la montée du débat sur la remise en cause des politiques d'austérité à l'oeuvre notamment en Europe, des efforts d'assainissement budgétaire accusés désormais de plomber la croissance.

Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaire Olli Rehn a déclaré jeudi à Reuters que la priorité donnée à la réduction de la dépense publique immédiatement après le déclenchement de la crise était nécessaire pour rassurer les marchés mais que cette époque était révolue.

"Il n'y avait pas le choix. Une action décisive a été menée. Maintenant que nous avons rétabli la crédibilité à court terme, cela nous donne la possibilité d'emprunter une voie plus modérée pour l'ajustement budgétaire à moyen terme", a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis, de leur côté, refusent de s'engager sur un objectif chiffré de réduction de leur ratio d'endettement par rapport au produit intérieur brut (PIB).

"Je pense que l'une des questions qui vont émerger (...), est la question des objectifs chiffrés ou pas concernant le rapport dette/PIB", a dit jeudi à la presse Jim Flaherty, le ministre canadien des Finances.

Et ce débat pourrait être alimenté par la remise en cause d'une étude réalisée en 2010 par les économistes de Harvard Kenneth Rogoiff et Carmen Reinhart concluant qu'en moyenne, l'économie d'un pays se contracte lorsque son ratio dette/PIB dépasse 90%, précisément le seuil débattu par le G20.   Suite...

 
Les pays du G20 réunis à Washington doivent débattre ce vendredi de deux questions délicates: les objectifs précis de réduction des dettes publiques et les risques potentiels liés aux politiques monétaires des grandes banques centrales, qui préoccupent les Etats émergents. /Photo d'archives/REUTERS/Kacper Pempel