Un tour de vis sur les dépenses pour convaincre Bruxelles

mercredi 17 avril 2013 16h09
 

par Jean-Baptiste Vey et Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - La France a présenté mercredi un programme de stabilité révisé marqué par un net ralentissement de la progression de ses dépenses publiques sur la période 2013-2017 pour convaincre l'Union européenne de sa volonté de lutter contre les déficits malgré l'environnement économique déprimé.

Le document, qui sera soumis à la Commission européenne d'ici la fin du mois, prévoit ainsi un effort budgétaire de 20 milliards d'euros l'an prochain, concentré aux deux-tiers sur les dépenses.

Il ferait suite à celui de près de 40 milliards programmé cette année et que Paris s'est refusé d'alourdir alors que l'économie est au bord de la récession.

"La solution à cette crise n'est pas l'austérité, c'est la crédibilité, c'est la soutenabilité", a dit le président François Hollande lors d'une conférence, répondant à ceux qui pressent la France de réduire davantage ses dépenses.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a quant à lui déclaré que la France refusait "la politique dure, libérale, qui nous est demandée par certains à droite et certains milieux économiques", tout comme "la fuite en avant financière."

Le déficit public, qui a atteint 4,8% du PIB l'an dernier (au lieu de 4,5% prévu), serait ramené à 3,7% fin 2013, 2,9% fin 2014, 2,0% fin 2015, 1,2% fin 2016 et 0,7% fin 2017.

L'équilibre structurel, qui gomme les effets de la conjoncture économique et auquel Bruxelles attache une grande importance, serait quant à lui atteint dès 2016.

Pour y parvenir, le gouvernement prévoit un net ralentissement de l'évolution des dépenses publiques, qui ne progresseraient plus que de 0,2% à 0,4% par an sur les trois prochaines années, par rapport à la loi de programmation des finances publiques pour 2012-2017 votée à l'automne dernier.   Suite...

 
La France prévoit un effort budgétaire de près de 20 milliards d'euros en 2014, après celui de près de 40 milliards en 2013, concentré cette fois principalement sur les dépenses et espère par ce tour de vis convaincre la Commission européenne de son sérieux. /Photo d'archives/REUTERS/Dado Ruvic