Le Haut Conseil réservé sur les prévisions de croissance

mardi 16 avril 2013 18h21
 

PARIS (Reuters) - L'économie française pourrait connaître une légère contraction en 2013 et la croissance de 2014 être "sensiblement inférieure" à 1,2%, a estimé mardi le Haut Conseil des finances publiques (HCFP), jetant un doute sur le programme de stabilité qui sera prochainement transmis à la Commission européenne.

Dans son premier avis, cette nouvelle instance indépendante présidée par le Premier président de la Cour des comptes a rendu un verdict réservé sur le scénario macroéconomique retenu par le gouvernement à l'appui du programme qui sera présenté mercredi.

Il évoque même "un certain nombre de fragilités" dans les hypothèses faites pour un retour à une croissance moyenne de 2% sur la période 2015-2017 prévu dans ce scénario, qu'il juge en conséquence "incertaine".

Pour 2013 et 2014, le gouvernement avait déjà indiqué qu'il se calerait "par prudence" sur les prévisions faites en février par la Commission, à savoir 0,1% de croissance en 2013 là où il escomptait auparavant 0,8%, et 1,2% pour 2014 au lieu de 2,0%.

Les réserves émises par le HCFP sont d'autant plus importantes que ces prévisions sous-tendent la trajectoire révisée de baisse des déficits publics.

Paris négocie avec Bruxelles un délai d'un an pour les ramener sous 3% du PIB après avoir reconnu qu'il n'y parviendrait pas en 2013 du fait de la conjoncture difficile. La porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem a confirmé mardi que l'objectif serait un déficit à 2,9% en 2014.

AJUSTEMENT EXCESSIF

Comme pour confirmer les réserves du Haut Conseil, le Fonds monétaire international a revu en baisse ses prévisions sur la France, anticipant désormais une contraction de 0,1% cette année, contre une hausse de 0,3% auparavant, et une croissance limitée à 0,9% en 2014.

Vingt-deux économistes interrogés dans le cadre d'une enquête publiée la semaine passée par Reuters prévoient pour leur part une baisse de 0,2% du PIB de la France en 2013 et une croissance de 0,8% l'an prochain.   Suite...

 
LE DÉFICIT PUBLIC DE LA FRANCE